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Lundi 05 Mai 2014Musique

 REQUIEM POUR UN CHAMPION

REQUIEM POUR UN CHAMPION

. BOULBAR

(Roy music - 2009) La BD de Vincent Gravé est éditée chez Les Enfants rouges

Et ta critique ?




Boulbar sort Requiem pour un champion, une fiction des  60’s naviguant entre Bullit et le cinéma noir de Robert Wise ou de Mark Robson. Une musique de genre talentueuse appuyée par une Bande-dessinée de Vincent Gravé. Un univers à découvrir.


Enfin une narration parfaitement assumée ! Nombreux sont les artistes à avoir essayé le concept-album mais peu ont réellement osé mettre en avant la narration avec des morceaux complètement parlés. En voilà un. On le garde et on le recommande.

S’inspirant de l’univers américain des années 60, Boulbar nous fait voyager dans un monde masculin où la boxe, les mustangs, les jeux de course bukowskiens et les conquêtes féminines étaient d’inépuisables sources de rêves mais aussi de malheur.

Jack Ranieri aurait pu être champion du monde, il tient désormais un snack-bar californien le long de la Highway 40… Il y a eu les combats sur le ring mais aussi la rencontre avec une certaine Lisa aux lèvres si sensuelles… Un tournant. Elle voulait du rêve du côté de Los Angeles, du show-business et de l’argent pour brûler la vie. Alors Jack Ranieri va chercher des millions… L’American dream devient « La Grande illusion », le début de l’enfer, de l’endettement, jusqu’au braquage de banque…

Dans une pop jazzy, Boulbar susurre les mots près du micro entre chuchotement, bruitages de public autour du ring, et cuivres ( " Ranieri vs Freeman "). L’album avance mais jamais ne lasse. Si la pulsation cardiaque démarre un chant, elle est tout de suite enchaînée par une guitare électrique brûlante et des arrangements analogiques qui évoquent les ambulances et une respiration saccadée en fin de vie. "Au-delà des projecteurs " est vaporeux, le chant transcende une esthétique éthérée. La trompette en sourdine rappelle les polars noirs. Les noms Wells Fargo, Ford Mustang Modèle 67, Smith & Wesson font de la "Cavale" un des morceaux les plus réussis. Le tout en 40 minutes. La voix du héros, timbre grave et désabusé, équilibre joliment l'ensemble.

Parallèlement, la BD de Vincent Gravé en noir et blanc met en avant de grandes planches cinématographiques. Un énorme travail est fait sur les contrastes avec une alternance de planche 60’s où les volutes suggèrent l’illusion d’un univers féminin de paillettes. Un choc avec le crayonné du réel qui se laisse volontairement prendre au piège d'une histoire mêlant angoisses et doutes.

Boulbar nous offre donc deux albums complémentaires où l’errance et la plongée dans les 60’s  sont intelligemment mises en scène par des arrangements de qualité, piano en tête. Si le scénario est classique, la forme ne l’est pas. Pour cette audace et cette liberté, on dit bravo. A découvrir.








http://www.boulbar.com/


Sébastien Mounié

© Etat-critique.com - 23/11/2009