No hit wonder

Voilà donc un petit gars qui annonce la couleur : ne comptez pas sur lui pour la révolution. Ne pariez pas trop sur son succès. Cory Branan ne sera jamais un champion du rock américain. Avec un titre comme No Hit Wonder, il fait preuve une humilité suspecte.

Car ce natif du Mississippi respecte toutes les règles du son du sud des Etats-Unis : c’est du bon vieux rock’n’roll, avec quelques pointes vintage et un accent qui glisse sur une guitare capricieuses et des rythmes empruntés à la country.

Pourtant Cory Branan n’est pas un réac : il est talentueux et son mélange a quelque chose de surprenant et d’ambitieux. Gamin, Cory Branan était fan de metal et c’est peut être ce recul qui permet aujourd’hui au musicien de faire comme les autres mais pas tout à fait. Il rappelle John Mellecamp dans ses grandes œuvres.

Il invite dans son disque des songwriters qui eux aussi ne veulent pas se limiter aux clichés du genre : Tim Easton, Jason Isbell ou Caitlin Rose. Le gratin vient soutenir l’effort du chanteur, son quatrième disque en 12 ans.

Il sait créer des ambiances très différentes à chaque chanson mais tous les titres de cet album sont accrochés au terroir musical. La slide guitar est présente mais il est vrai que la production est sacrément soignée et n’en fait jamais trop. On est bien dans la SunBelt américaine. On serait presque tenté par une séance de rodéo. Branan a le grand mérite de jouer effectivement sur la simplicité. Et la complicité. Des valeurs qui l’intéressent plus que le succès que le suppose le titre. Il y a les « feel good movies », No Hit Wonder est la version disque de ce genre.

Bloodshot – 2014

Auteur: Pierre Loosdregt

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