La nouvelle création du chorégraphe flamand Win Vandekeybus, nieuwZwart (New Black), présentée au Théâtre de la Ville de Paris du 9 au 13 juin, a attiré de nombreux passionnés de danse contemporaine.
La curiosité était grande : Vandekeybus met en scène une nouvelle troupe, trois femmes et quatre hommes, tous très jeunes, la plupart d’eux proviennent de l’est de l’Europe, alors que dans ses créations précédentes, les danseurs étaient plus « latins ».
N’empêche, la frénésie des corps reste la même, toutes les nuances de la violence humaine sont travaillées, elles hypnotisent et agressent le spectateur pendant une heure et demie.
La force de nieuwZwart naît de l’association absolument réussie entre la récitation d’un texte poétique très suggestif de Peter Verheist et la musique de Mauro Pawlowski jouée en live tout au long du spectacle. Le texte nous parle de sensations physiques primordiales, telles la marche, la perception, la relation conflictuelle du corps avec une nature aigre et gigantesque.
On assiste à un puissant récit désillusionné sur l’être humain, débutant avec une véritable nouvelle genèse : d’un espace indéfini, fait d’eaux chaotiques et d’âpres surfaces terrestres, sortent des corps qui semblent aveugles, enragés pour avoir été l’objet d’une naissance non voulue. Toute la douleur dérivée de cet acte primordial devient le guide inconscient de ces êtres, qui s’agitent, se tordent et peinent dans la découverte de soi-même et d’autrui, avec des spasmes monstrueux.
Cette création nous parle du vivant mystérieux et incontrôlable, de l’humain qui est fait de pulsions profondément inhumaines, excessives, effrayantes. Les mouvements absurdes et terrifiants des danseurs capturent et pétrifient, renvoient à un ailleurs à la fois menaçant et extatique.
Mais alors : y a-t-il encore un salut possible ?
http://www.theatredelaville-paris.com/danse/cadre_danse.htm
Gloria Morano et Flavia Ruani
© Etat-critique.com - 12/06/2009