Madman

Sean Rowe n’est pas un minet. Pourtant il est dans l’air du temps. Ce n’est pas non plus un étalon du rock’n’roll. Il a une barbe mais ne joue pas les hipsters. Non, Sean Rowe a juste un regard désabusé, un physique de vieux hardrocker sur le retour et une voix unique en son genre : profonde, grave et qui vous accroche en une seule syllabe.

A l’aube de la quarantaine, la reconnaissance tarde un peu mais l’artiste conserve un enthousiasme intact. Il défend une idée très particulière du rock en y incorporant un blues assez dépouillé, qui va à l’essentiel, qui ne prend jamais la pose.

Son nouvel album transpire l’authenticité. Sean Rowe est un joyeux déglingué qui traverse le rock et l’existence à sa manière. Il est bien un archétype du songwriter américain, hanté par les mythes de sa nation et les racines de la musique. Il a une mille jobs avant de se consacrer à la musique. C’est aussi un type un peu bizarre, un peu marginal, aux chansons singulières mais toujours plaisantes.

Un peu comme si Barry White s’était mis à lire du Jack Kerouac. Le chanteur se promène en toute liberté sur un prisme musical assez large. On l’imagine folk mais finalement les titres piquent des idées à d’autres genres.

Il y a bien de la pop sur certains titres. La surprise est totale et apporte une certaine modernité chez ce poilu New-yorkais. Avec sa voix de baryton, il se permet des choses inouïes et défie avec élégance nos habitudes bien établies. Pas un fou comme le titre du disque l’indique mais certainement un talent fou !

Anti 2014

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? *
Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.