Ma Vie de Courgette

La vie désenchantée du petit Courgette offre un film d’animation hors norme, qui aurait dû avoir quelques ambitions supplémentaires pour être le grand film de l’année.

C’est ce qui est bien dommage dans le film suisse de Claude Barras: il ne semble pas se rendre compte qu’il n’est pas loin de faire le film définitif d’animation. Mais bizarrement, on ressort de la séance un peu frustré. Une impression franchement gênante car le film est d’une tendresse rare et un regard franc sur l’enfance en souffrance!

Car ce n’est pas un divertissement pour tout-petits. Ce n’est pas du Disney et son prêt à consommer. Le film commence par un drame immense. Une jeune garçon perd sa maman, dans un accident bête. La vie d’Icare ne semble déjà pas drôle mais là, ca se complique. Un policier l’accompagne dans un orphelinat.

Il fait la connaissance d’une bande de gamins esseulés. Il y a la forte tête et le spectateur pense que tout va tourner autour de la rivalité entre Icare, dit Courgette, et son nouvel ennemi. En deux scènes, le film préfère souder les bambins dans l’adversité. Claude Barras embrasse la misère mais conserve comme il peut le regard de l’enfant.

La petite bande ne va mettre en lumière que des bons sentiments. Le quotidien est cruel mais qu’est ce que c’est beau que l’amitié, l’entre-aide ou la bienveillance. Barras ne connait pas l’amertume. Son animation est artisanale mais colle parfaitement à cette humanité qui se relève des coups durs.

A l’image de son héros, le film est une petite chose fragile, avec des moyens modestes mais qui met en avant de beaux personnages, touchants et drôles. Le chagrin se voit dans les yeux des enfants mais tout le reste ressemble à une éclaircie ensoleillée. Les enfants ne se résignent pas. C’est simple et très beau.

Mais un peu court. Le film ne dure qu’une heure dix. Il nous embarque dans une ribambelle de sentiments – ce qui est toujours un exploit extraordinaire lorsqu’il s’agit d’un film d’animation où l’artifice mène au vrai – mais nous lâche la main de temps en temps, trop séquentiel! Il semblerait que le scénario soit un peu léger.

Il ne faut pas bouder. C’est aussi la leçon que nous donne Courgette et ses potes. Le Monde à hauteur d’enfants n’est pas rassurant mais les petits semblent avoir bien plus de courage et d’entrain à changer le Monde que les grands.

Gebeka films – 19 octobre 2016 – 1h06

Auteur: Pierre Loosdregt

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