Logan

Logan serait donc le film mature de l’écurie Marvel. C’est surtout un chouette film désenchanté qui trouve un écho stupéfiant dans l’Amérique de Trump.

Il est vrai que le cinéphile aime bien trouvé dans les séries B, des détails qui prouvent bien que le film de genre est souvent plus caractéristique de son époque que les films mainstream. Avec une première partie qui se situe à la frontière mexicaine (avec ses murs) et un héros victime de l’uberisation de la société, on veut bien croire que le réalisateur du second et soporifique Wolverine serait devenu un prophète, tant les sujets envahissent l’actualité de Donald Trump, le roi de Twitter et accessoirement président des Etats-Unis.

Cela a le mérite de faire de Logan, un blockbuster étrange qui s’installe sans complaisance dans un futur proche qui ressemble beaucoup au monde d’aujourd’hui. Avec en plus une critique à peine voilée d’industriels comme Monsanto, le nouveau film Marvel ressemblerait un cri de révolte.

C’est surtout un chant du cygne pour le personnage de Wolverine et son comédien Hugh Jackman qui passe la main avec ce néo western sombre, cruel et plutôt réussi. On est gavé des films de super héros. Les standards explosent littéralement dans une première scène d’une violence surprenante.

Logan n’est pas un divertissement souple et oubliable. Il transforme le personnage flamboyant de Marvel en épave au bout du rouleau. James Mangold, à qui l’on doit de bons films aussi, souvent des westerns cachés, impose une ambiance déroutante et pas seulement à cause de la violence qui, pour une fois, est filmé de manière frontale.

Les griffes du héros sont redoutables et déchirent allégrement la chaire, les eaux et les têtes. Ca fait pas mal de temps que l’on s’ennuyait dans les films de super héros, celui-ci s’adresse à un public plus mature et réutilise enfin la figure du héros pour parler de son époque.

Donc pas de blagues. Pas d’apparition de Stan Lee. Pas de grand méchant spectaculaire. C’est un road movie qui trouve de temps en temps la sauvagerie désenchantée d’un Mad Max ou la froideur fascinante d’un Terminator.

C’est finalement un road movie radical et presque émouvant. Comme d’habitude, des longueurs parasitent l’ensemble. Logan nous éloigne dans son dernier combat du simple produit de consommation pour geeks forcenés. Il aura beaucoup de nanars qui brûlent les rétines pour arriver ce bel adieu dont on se souviendra !

Avec Hugh Jackman, Dafne Keen, Patrick Stewart et Stephen Marchant – 20th century Fox – 1er mars 2017 – 2h17

Auteur: Pierre Loosdregt

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