Les Nouveaux Sauvages

Affreux, bêtes et méchants, les hommes sont capables du pire. Petits sketchs pour désespérer de tous et de tout. Est ce bien le moment?

Depuis une semaine, l’actualité nous le rappelle: les hommes sont des crétins et en plus, ils sont violents! Ce n’est pas du tout un truc typiquement français: en Argentine, on a aussi toutes les chances de voir la société craquer dans une dépression défaitiste et des actions désespérées.

De l’autre coté de la planète, le moral n’est pas vraiment au beau fixe. Depuis une crise financière au début des années 2000, les Gauchos de tout bord doivent avaler des couleuvres et supporter des inégalités de plus en plus insupportables.

La corruption, l’insécurité, la guerre des sexes ou des classes sociales, cela donne un cocktail explosif qu’exploite le réalisateur Damian Szifron dans une demi douzaine de sketchs d’une cruauté poussée à l’extrême. Produit par Almodovar, Les Nouveaux Sauvages est une vaste farce, grotesque et réjouissante de temps en temps.

C’est du burlesque exacerbé sauf que le réalisateur ne cherche pas vraiment d’équilibre: il s’inspire de la comédie sociale mais aussi du western et de ses cousins espagnols: Le Crime Farpait semble être l’influence majeure du film. Mais il maîtrise moins bien l’ironie mordante et la radicalité de la mise en scène.

C’est un peu provocant mais pas assez. C’est tout de même un gros studio qui distribue. Pas de révolution en route. Juste un coup de folie inégal, à cause de son format. Les premiers sketchs sont désopilants. Mais l’énergie se perd en route et l’aspect démonstratif du sketch devient franchement envahissant sur les deux derniers coups de sang qui démontrent à tout prix nos lâchetés sanguinaires et la misère humaine.

Le film fait dans l’esbroufe. Cela marche dans un premier temps avant de perdre de sa consistance, de son aspect iconoclaste. Il faut dire que cela commence très fort avec un avion en folie, une vengeance sociale au fin fond d’un vieux restaurant et un duel en voiture dans la pampa!

Le portrait de la société argentine est exagéré mais il finit aussi par fatiguer. C’est dommage car l’ambition est là. Il n’y a rien de nouveau dans ce film. Rien de sauvage non plus.

Avec Ricardo Darin, Oscar Martinez, Erica Rivas, Rita Cortese – Warner Bros – 14 janvier 2015 – 2h02

Auteur: Pierre Loosdregt

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