Les nègres, Jean Genet, Odéon

Une pièce trop déroutante pour être sauvée par une mise en scène brillante.

 

Monter une pièce avec des comédiens noirs, c’est de cette donnée qu’est parti Jean Genet pour écrire Les nègres. Manière d’interroger les rapports entre les Noirs et les Blancs, elle met en scène le procès d’un noir accusé d’avoir tué une blanche.

 

Le metteur en scène Robert Wilson, notamment salué pour ses Fables de La Fontaine à la Comédie française invente ici un univers original. Lumières, palmiers, strass, il n’a pas lésiné dans le technicolor. On se croirait parfois sur une scène de Philippe Decouflé ou un dessin animé d’Ocelot à travers les jeux d’ombre et de lumière.

 

Mais la pièce crispe. Au lieu de permettre de faire tomber des barrières, elle exacerbe les tensions. Les acteurs hurlent leur texte sans nuance. Des cris ponctués de sons aigus et de musique trop forte agressent. Malgré un visuel soigné, le texte peu compréhensible insupporte par sa vulgarité.

 

On saisit mieux la place de la violence et de l’absurde dans la pièce quand on sait que Jean Genet a écrit son premier texte Le condamné à mort alors qu’il est incarcéré à la prison de Fresnes. Mais on se serait bien passé de la sensation d’être enfermé, même au théâtre de l’Odéon.

 

Jusqu’au 21 novembre 2014

au Théâtre de l’Odéon

Auteur: Estelle Grenon

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