RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

le premier qui tombe

le premier qui tombe

Franck MAGLOIRE

Auteur : Franck Magloire, Mise en scène : Catherine Gandois Du 25/03/2008 au 12/04/2008 à la Maison des Métallos – 75011 PARIS www.maisondesmetallos.org TP : 13€ / TR : 9€

Et ta critique ?




Un quai de gare quasi-désert, tout en largeur. Un clochard apostrophe un trentenaire encravaté et morne qui refuse obstinément de lui venir en aide. Choquée, une femme qui assiste à la scène ne peut s’empêcher de dire son émoi devant tant d’indifférence.

Ainsi nait le dialogue. Un dialogue entre un homme (Thomas Cérisola, tout en tension rentrée), jeune encore mais déjà totalement désabusé, et une femme (Catherine Gandois), ancienne ouvrière spécialisée qui refuse de sombrer dans la peur de l’autre.
Ce qu’elle prend chez lui pour de l’égoïsme cynique est en réalité l’expression du profond et douloureux traumatisme d’un homme revenu du système.

On comprend alors que, bien que de conditions sociales différentes, cet homme et cette femme ont connus les mêmes cadences infernales : elle sur une ligne de production, lui dans un bureau de DRH où défilaient mécaniquement des hommes brisés, déshumanisés, venus pour être « reclassés ».

« Le premier qui tombe » (texte de Franck Magloire) livre une réflexion sensible sur le monde du travail, sur le système industriel et commercial qui broie les hommes dans ses puissants rouages.
Et pourtant la présence du clochard soliloquant (très justement interprété par Magne Harvard Brekke) rappelle comme il est difficile, et coûteux, de prétendre lui échapper. Le travail abime, mais ne pas en avoir détruit.

Les récits entremêlés de l’homme et de la femme sont également bousculés par le surgissement d’un couple de jeune gens (Sarah-Jane Sauvegrain et Julien Villa) qui incarnent à la fois un passé révolu (lui jeune, elle jeune) et un avenir compromis (la jeune génération actuelle qui, comme les autres avant elle, pense maîtriser un système qu’elle méprise).

« Le premier qui tombe » est sans contexte une pièce réussie : le propos est intelligent et touchant (même s’il n’est pas forcément d’une originalité folle), l’interprétation assez remarquable (les quelques imperfections de jeu des jeunes comédiens soulignent l’inexpérience de leurs personnages) et la mise en scène globalement très convaincante (les flashbacks sont bien amenés et menés, le décor sobre est très réussi).

Un auteur, et une compagnie, qui méritent notre attention.


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 12/04/2008