Le livre des Baltimore

Joel Dicker, c’est un peu le rêve de tout écrivain. Dès son second livre, les ventes explosent. Un incroyable succès commercial et critique. Evidemment l’exercice du troisième livre est très risqué. Et décevant!

Mais l’auteur conserve ses atouts. Une écriture fluide. Un style assez direct. Et un art très américain de nous empêcher de fermer le livre. Chaque fin de chapitre nous fait saliver pour commencer le suivant. Son premier livre s’intéressait à la guerre. Le second était un chouette faux polar. Le troisième veut être une saga familiale, épique, universelle et pathétique!

Joel Dicker retrouve son double américain, l’auteur Marcus Goldman. Après le succès de son livre La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, le jeune écrivain vit un succès confortable. Il fait même la une des journaux people quand il fréquente de jolies filles. Mais Marcus a un amour d’enfance, qui elle aussi, a connue la gloire en faisant de la musique.

La disparition d’un oncle oblige le jeune homme a s’intéresser à son passé. Et ses deux cousins qu’il aimait avec passion. La famille Goldman est beaucoup plus complexe qu’on peut l’imaginer si on observe en apparence une famille aisée entre les Goldman de Baltimore, à la réussite sociale si séduisante et les Goldman de Montclair, besogneux et sérieux.

Mais tout va se compliquer rapidement pour les membres de cette famille. Les relations vont s’envenimer. Les sourires se transforment en grimace. Et le lecteur finira par grimacer lui aussi . Car Dicker, Suisse qui admire l’Amérique, imite les emphases américaines et les leçons qui se cachent derrière les destins de quelques personnages. Mais ca sonne faux.

A la différence des deux autres romans, les personnages sont très stéréotypés et ne servent qu’à la mécanique narrative qui doit nous révéler le Drame, qui va plonger les Goldman dans un chaos total.

On ne reconnait pas l’auteur. Il y a quelques lignes qui piquent les yeux! On n’est pas loin du synopsis d’un épisode de Beverly Hills. C’est difficile de se passionner pour les problèmes de pauvres petits enfants riches. Comme tout le monde, ils ont un petit coeur qui saigne et des gros yeux remplis de larmes de crocodiles. Dicker fait dans la littérature fleur bleue! Un exercice de style périlleux. et pas très intéressant.

C’est juste divertissant. C’est d’une efficacité redoutable mais cela reste un peu vain. Sur un sujet similaire on vous conseille L’Art du jeu…

Editions de Fallois – 476 pages

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.