Cinéma

Le livre de la jungle

Sauvage et beau. Quand Hollywood se prend Frederic Rossif…Ou quand Disney, maître incontesté de l’entertainment recycle son catalogue. Après Alice au Pays des Merveilles et Maléfique, l’empire propose une version live du Livre de la Jungle, autre classique de l’animation.

Il met aux commmandes Jon Favreau, acteur sympa et réalisateur poli (Iron Man, Chef), habitué des sommets du box office pour mettre en scène la savane joyeuse du Livre de la Jungle. Le cinéaste s’applique donc avec tous les moyens numériques à respecter le cahier des charges du classique.

Il y aura donc des chansons joyeuses, des animaux qui parlent et de spectaculaires décors. Le film est à ce niveau, impressionnant. La bande annonce donnait mal au coeur avec ses images trafiquées. Le film a le mérite de nous réconcilier avec toutes les effets spéciaux du moment. Tout est faux à l’exception du petit comédien (assez insupportable au passage) mais l’immersion est totale.

La jungle de Favreau est graphique et idéale. On se pourrait se promener sur l’île de King Kong. Depuis Avatar ou L’Odyssée de Pi, on n’avait pas vu ça. Le réalisme est troublant. le grain de l image est étrange. C’est une véritable expérience sensorielle. L’anthropomorphisme des animaux renoue avec toute l’ambiguïté de l’exercice faussement enfantin de faire parler les bêtes. On n’attendait pas cela de Jon Favreau mais il faut bien avouer que le film ne peut vous laisser de marbre. Il se passe quelque chose.

Mais on est plus intrigué par la technologie que par l’enjeu de la fiction, que l’on connaît trop bien et qui n’avait pas forcément besoin d’un nouveau film. La version live montre néanmoins la noirceur que le dessin animé avait volontairement gommé. La cruauté est ultra présente et glaçante aussi.

Pour apaiser les esprits, Favreau a une grande idée: donner à l’ours Baloo, la voix du fantastique Bill Murray. Juste pour ça, le film mérite d’être vu. Avec lui, il y a un peu de second degré dans la rutilante mécanique Disney. Un peu d’âme. C’est ce qui manque à l’ensemble mais on est très loin du produit de consommation décérébré.

Avec Neel Seethi – Disney – 13 avril 2016 – 1h45

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