Le Club des Divorcés

A mon tour de vous donner quelques conseils de cadeaux imparables. Pas de robot géant dans ce manga mais une étude fine et passionnante de l’extrême solitude au Japon.

Yuko est une jeune divorcée. Nous sommes au tout début des années 70 et ce n’est franchement pas bien vu. Son mari continue de la voir et de la torturer. Elle, tente de tenir son bar d’hôtesses avec sérieux et professionnalisme. Mais l’intime se mêle au boulot et Yuko n’en finit pas de payer son statut de femme divorcée.

Mentor de Jiro Taniguchi, Kazuo Kamimura est mort à 45 ans mais il a laissé une oeuvre conséquente, avant gardiste et surtout féministe. La place de la femme est omniprésente dans ses récits qui ont touché tous les genres. La production du maître est impressionnante.

C’est un bonheur de redécouvrir son oeuvre dont ce Club des Divorcés qui sera publié en deux tômes. Le premier est copieux mais montre le morne quotidien d’une marginale qui ne veut pas le rester avec un sens de la mise en scène d’une modernité assez renversante.

Le coup de crayon est charmant car marqué par les années 70. Mais on est abasourdi par la spectaculaire mise en page dont est capable de dessinateur qui décrit avec un culot monstre la vie de Yuko. La femme est femme d’affaires et une personne sensible. Le manga est une vraie étude de moeurs, délicate mais aussi capable de crudités étonnantes pour l’occasion.

L’oeuvre est ambitieuse et dépeint avec une justesse évidente la condition des femmes dans un Japon réactionnaire et défend tous les marginaux, les rêveurs et les noctambules. Entrez dans le Club, vous ne le regretterez pas!

Kana – 504 pages T.1

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? *
Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.