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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

le Grand bleu

le Grand bleu

Luc BESSON

Avec Jean Marc Barr, Rosanna Arquette, Jean Reno et Jean Bouise - Gaumont - 1988

Et ta critique ?




Après Cocoon, on garde les pieds dans l'eau pour le film français qui allait bouleverser la production française des années 80. Une antiquité désormais!


Le sida, le chômage, Touche pas à mon pote, les jeunes des années 80 furent gâtés. Optimistes, ils se sont fait appeler la génération Grand Bleu. Car le film de Luc Besson a une innocence qui n’a pu que rassurer la jeunesse française.

Après le sombre Subway, le réalisateur ose un film très ambitieux sur la mer, avec tout ce qui fera la marque et le succès du cinéaste. L’image est influencée par l’esthétisme publicitaire. La musique est omniprésente. L’histoire frise l’épure. Jean Reno et Jean Bouise sont toujours là !

Jacques Mayol, joué par Jean Marc Barr restera comme le personnage le plus touchant dans l’univers de Besson. Sa candeur et sa fuite en avant correspondent parfaitement avec ce sentiment de rejet et d’angoisses des années 80.

Comme la plupart des héros de Besson, il s’agit d’un marginal, réfugié dans une attitude réservée et fermé dans une solitude que Besson sait retranscrire à l’écran. Dans cette partie, Luc Besson est un vrai réalisateur.

Autrement il est déjà le grand et génial arriviste du cinéma populaire. On ne peut pas lui reprocher de vouloir divertir. Le grand bleu a l’immense mérite de raconter la passion du réalisateur pour l’océan et on devine qu’il s’amuse beaucoup dans ce film. Cette fraicheur fera la différence avec les autres succès de l’époque.

Mais l’auteur de Nikita veut déjà squatter le haut de l’affiche. Il tourne son film pour une diffusion mondiale, en anglais et sans véritable identité. Il prouve avec Le grand bleu qu’il connait les canons pour faire un grand film populaire. Son film est déjà lisse et trop poli.

Passionné par son sujet, il l’est beaucoup moins avec ses personnages, caricaturaux et parfois risibles. Les images, ultra léchés et travaillés, cachent un grand vide narratif. L’esbroufe est déjà au cœur du système Besson. Pour ce film cela fonctionne. On peut se laisser submerger par de superbes plongées au fin fond des mers (même si la version longue du film s’est révélée être un puissant somnifère).

On comprend ce héros autiste, résolu à ne  pas appartenir au monde des bipèdes sur terre. Il fascine et souvent gomme les gros défauts du film. Mais Le grand bleu restera coincé dans les années 80. Son esthétisme l’enferme dans cette décennie. La musique d’Eric Serra prend un vilain coup de vieux. L’ambiance ticket chic ticket choc le condamne à être un étendard. Mais ce n’est pas sûr qu’il devienne avec le temps un bon film !

Phrase culte: "Oum oum oum" (replique du dauphin)

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Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 09/09/2010