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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 le 2 février 2010

le 2 février 2010

Soirée OUVREZ LES GUILLEMETS

Au Café de la Danse

Et ta critique ?




En solo, accompagné de l’instrument de leur choix, Etyl, Siméo et Mathieu Boogaerts ont revisité leur répertoire. Le tout assis dans un fauteuil. Un régal intimiste.


Trois ans que les soirées « Ouvrez les Guillemets… » s’invitent au Café de la Danse pour faire découvrir, dans une posture inédite, des chanteurs français méconnus que l’on aime : Alexis HK, Bazbaz, JP Nataf, Jeanne Cherhal... Et le public répond toujours présent. Lors de la dernière édition (mardi 2 février) c’est un ami proche du polyvalent Albin de la Simone, déjà passé dans le fauteuil cosy, qui a conclu la soirée, en la personne de Mathieu Boogaerts.

Le pote d’enfance de M n’a pas joué le jeu intégralement. Oui, il est venu seul en compagnie de son unique guitare. Mais impossible pour ce faux calme de rester le fessier collé au fauteuil arrondi. Sa jambe gauche semblait possédée par le démon de la pitrerie. Pas étonnant lorsqu’on chante Danse avec ta jambe.

Alternant une chanson de son dernier opus avec une ancienne création, Matthieu Boogaerts était dans son jardin au Café de la Danse.
« J’ai joué trois fois ici déjà. La première, c’était en 1996 »
Un petit coup de vieux pour les fans de la première heure qui ont chantonné avec lui des titres de "Super" et de "J’en ai marre d’être deux" (1998).

Boogaerts, c’est comme du bon vin. Le poète moderne se bonifie avec l’âge, combattant de mieux en mieux sa timidité. Il prend corps. Même si l’homme au regard de hibou a chanté avec l’accent appuyé « 100 % froggy » les compositions franco-anglaises de sa dernière production ("I Love you"), il ne pourra s’empêcher de jouer son rappel dans le noir. Une fois de plus, comme lorsque le fil de sa guitare s’enroule autour du pied de micro ou qu’il ne finit pas ses phrases - préférant caresser ses cordes alors qu’il grimace telle une rock star – l’artiste fera rire son public. Une attitude constante, similaire au côté balançoire du public, basculant de droite à gauche au rythme de ses douceurs. Session de rattrapage dans les caves de la Java.

Avant lui, Siméo avait débuté l’entraînement des zygomatiques. Le chevelu raggamuffin amoureux de chanson française, décevant sur CD à forcer sa voix de façon continue, mérite le déplacement. Mademoiselle, à la guitare et sans aller contre-nature de son timbre, c’est tout simplement un régal.

Drôle, le Lyonnais offre un bon groove entre deux blagues. Adepte du sample, il enregistre en dix secondes les accords de sa guitare avant de capter la ligne de basse… Et aussi les chœurs du public. Une pointe de cynisme caractéristique face à l’apathie des spectateurs au début de son set – « J’adore l’enthousiasme des Parisiens… » - ne durera pas. Son flow et sa façon de sautiller sur son fauteuil entraînent la foule à se prendre au jeu.
« On travaille tous les jours pour être sur scène. Et une fois là, c’est déjà la fin. »
A voir la réaction du Café de la Danse, tout le monde s’accorde à dire que 45 minutes étaient trop peu.

En ouverture, un ange tombé du ciel est apparu.
« Il paraît que les comiques sont des gens dépressifs dans la vie, alors moi je suis heureuse ! »
Etyl tente de justifier qu’elle n’est pas à l’image de ce qu’elle chante. Personne n’en doute tant son visage éclairé couplé à un regard pétillant font oublier sa thématique de l’amour noir.
« T’en as pas marre de chanter des chansons tristes ? », s’interroge-t-elle en fausse naïve, quittant le fauteuil et son ordi (elle aussi aime le sampleur) pour le piano à queue.
« Non… » .
Une suite d’onomatopées et de souffles – tiens-tiens, Camille a dû être écoutée… - prennent le pas sur un texte lourd. Une voix cristalline emplie d’émotion.

L’ambiance familiale et intimiste du Café de la Danse correspondait à merveille à cet univers feutré. La vidéo qui suit tentera de vous convaincre.



Thomas Delavergne

© Etat-critique.com - 06/02/2010