Un photographe observe son atelier. Les visiteurs, eux, restent dubitatifs devant cette courte exposition à l’esthétique publicitaire !
Les corps sont beaux. Ils sont bien souvent noirs. Il sont sculptés. Mais ils sont tristes.
François Rousseau, photographe de mode, a trouvé des modèles dans la rue. A Los Angeles.
Marqué par le roman, L'atelier du peintre, le photographe a décidé d’observer la population pauvre de cette ville dantesque. Ce qui explique la gravité des corps.
Mais le styliste ne capte pas la réalité. La nudité reste fantasmée. Le Los Angeles qu’il propose est celui des séries télé ou des pochettes d’albums de rap. La photographie de François Rousseau agace par son coté publicitaire.
Rousseau donne à voir des mannequins des ghettos. L’idée est amusante mais devient déplaisante lorsqu’il les met en scène.
Les corps sont très ambivalents. Dans un atelier, il compose des photos étranges, parfois inquiètes, parfois provocantes. Comme beaucoup d’artistes, il suggère la richesse d’une société à la diversité inouïe.
Ils montre aussi des femmes un peu paumées dans un monde d’hommes, virils et grotesques. Certaines photos ne sont pas loin de la faute de goût ou de la provocation un peu gratuite. Dans son inspiration, l’artiste révèle une fascination maladroite pour ses modèles.
On est donc un peu contrarié par ses clichés, qui s’affichent en énorme et donc finissent par agresser le regard. Les photos sont belles mais évoquent plus des panneaux publicitaires.
Bref, on s’ennuie. L’atelier n’offre pas de grandes surprises. Il n’y a pas grand chose à découvrir à part des tics visuels que l’on voit couramment dans le cinéma ou à la télévision. Vaut mieux donc rester chez soi !
http://www.mep-fr.org/
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 13/02/2009