Kong Skull Island

Avec une bande annonce guerrière, on pouvait clairement se poser la question: Kong Skull Island est il le remake gonflé aux effets spéciaux de King Kong 2, nanar ultime qu’il faut avoir vu dans son existence?

On vous rassure tout de suite: ce n’est si dramatique que cela! Il y a plein de choses qui ne vont pas! Samuel L. Jackson en fait trois tonnes (c’est le cas de le dire). John Goodman fanfaronne. La coupe de cheveux de Tom Hiddelston ne bouge pas. Brie Larson est transparente aux yeux du Dieu Kong. Les seconds rôles sont parfois embarassants. Seul John C.Reilly semble réellement s’amuser en survivant de la seconde guerre mondiale. Le problème: il s’amuse un peu trop.

C’est bien tout le problème de cette visite de Skull Island, terre de la légende King Kong: ca ne se prend pas assez au sérieux. Pourtant King Kong serait le seul véritable mythe du cinéma de genre. Il méritait un autre traitement. Le monstre géant est une authentique création de cinéma. Ici, le yesman Jordan Vogt Roberts, bourrine alors que Kong mérite, depuis sa naissance dans le film de 1938, un peu de nuances et beaucoup de lyrisme.

Des années après le remake de Peter Jackson, l’oeuvre d’aventures exotiques et jurassiques connaît un lifting pour devenir un gros film d’action, inspiré par le film de guerre. Donc l’île cachée dans le Pacifique est de nouveau découverte dans les années 70 par des scientifiques, une photographe, un aventurier et des soldats qui viennent juste de quitter le Vietnam. Evidemment l’homme se croit au dessus de la nature, alors on ne vous dit pas ce que pense un Colonel qui vient de se faire botter les fesses au Vietnam: il se croit supérieur à un gros et grand singe énervé!

Grave erreur qui va couter cher au casting vert kaki de ce drôle de reboot, qui va décevoir les cinéphiles mais pas les amateurs de blockbuster sans cerveau mais avec des muscles. Car notre singe préféré passe son temps à se battre de manière spectaculaire.

Jackson filmait son monstre avec amour; ici, c’est un catcheur XXL qui n’a pas peur ni des hélicos ni des créatures géantes baveuses qui se promènent sur l’île. On oublie même son amour pour une jeune femme: c’est un bagarreur hors pair et rien d’autre!

Donc il cache la misère: un scénario indigent, des détails qui tuent en pagaille (c’est quoi cette obsession des militaires pour voyager avec un tourne disque?), une musique illustrative et des monstres kitsch, mais on ne leur en veut pas trop. Bizarrement juste la présence de Kong suffit à pardonner toutes les faiblesses. Un charme d’aventures subsistent malgré la modernisation.

Finalement, l’affiche rappelle qu’il s’agit des mêmes producteurs que du dernier Godzilla, autre tentative raté mais courageuse de ressusciter un grand monstre célèbre. Bizarrement ca sent fort la rencontre probable dans les années à venir des deux maximonstres ce qui est déjà arrivé au Japon en 1962, autre navet charmant à voir avant de mourir. De rire! Et c’est encore ce qu’il faut faire devant ce blockbuster forcément décevant. Gardons le sourire… de singe!

Avec Tom Hiddelston, Brie Larson, John Goodman et Samuel L.Jackson – Warner – 8 mars 2017 – 1h55

Auteur: Pierre Loosdregt

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