Interstellar

Pendant qu’un petit robot s’accroche à une comète, Christopher Nolan veut nous mettre sur orbite avec son nouveau film de science fiction!

Ce n’est pas un rigolo, Christopher Nolan. Depuis ses débuts, le temps l’obsède et nourrit sa virtuosité. En matière de science-fiction, il n’aime que les histoires de temps, d’espaces et de physique quantique. Pour lui, les mathématiques sont la solution à tout, la porte ouverte à tous les fantasmes.

Il nous fait tout de même rêver avec son concept de conquête spatiale en compagnie du meilleur acteur américain du moment, Matthew McConaughey. Au début du film, il a un look d’un agriculteur. Dans un futur proche, tous les pilotes ingénieurs deviennent agriculteurs pour sauver la planète de la famine. A trop polluée, la population est désormais piégé sur une Terre aride.

Mais notre agriculteur a toujours une petite navette dans la tête ! Un étrange concours de circonstances le pousse à grimper dans une fusée pour découvrir une possible planète habitable. En bon Américain, c’est un explorateur qui n’a pas peur du danger, un pionnier pour la visite de nouvelles galaxies, un ancêtre idéal du capitaine Kirk !

Avec Matthew McConaughey, les incohérences deviennent de délicieux sophismes scientifiques. Il est certain que le réalisateur de la trilogie Batman profite de la sympathie du comédien pour nous bricoler un film d’aventures tortueux, prétentieux et peut être plaisant.

Car Nolan veut ratisser large. Il y a comme dans Inception des boucles spatio-temporelles qui font creuser les ménages. De jolies actrices qui prouvent que les femmes sont sûrement l’avenir de l’Homme. Des théories grandiloquentes sur le destin, la vie, la place de l’homme dans l’Univers.

C’est indigeste mais comme il y a un acteur cool, pas de souci, on veut bien voyager même si on ne comprend pas tout ! Ce n’est pas grave : Nolan a quand même le sens du spectacle et sa vision des galaxies et des cinq dimensions (rien que ça) ont le mérite de dépayser grandement.

Nolan est très didactique, cela peut être pénible. Il n’oublie pas qu’il est dans la grosse industrie hollywoodienne et il faut du rebondissement à tous les étages de la fusée. Il voudrait être Kubrick pour le lyrisme ou pour la théorie. C’est un bon gros faiseur et si son film nous perd de temps en temps, il propose effectivement une vision nouvelle d’une obsession typiquement américaine : l’inconnu. Les grands espaces. La découverte. C’est cette volonté primitive qui fait de ce blockbuster présomptueux, un drôle de spectacle, parfois agaçant, parfois fascinant.

Avec Matthew McConaughey, Anne Atthaway, Jessica Chastain et Michael Caine – Warner – 5 novembre 2014 – 2h49

Auteur: Pierre Loosdregt

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