Imitation Game

N’y a t il pas une légère contradiction de traiter du génie et de la folie de manière académique? Imitation Game propose ce problème sans le résoudre.

Alan Turing est le père des ordinateurs. Durant la Seconde Guerre Mondiale, ce mathématicien asocial est chargé par l’armée de percer le secret du code Enigma, qui permet aux Nazis de faire régner la terreur sur l’Europe. Pour Turing, seule une machine peut en battre une autre. Il va devoir affronter pas mal de réticences…

Le scientifique n’est pas armé pour défendre son projet. Seul et obsédé par son idée, il réussit à convaincre quelques personnes qui vont l’aider. Parmi eux, la brillante Joan Clarke qui en profite pour secouer la très rigide société anglaise, bien ancrée dans le machisme. D’ailleurs Alan Turing cacherait une attirance pour les hommes qui pourrait lui poser de gros problèmes.

L’homosexualité est un délit! Un secret honteux! Une condamnation à la castration chimique! Une vraie torture pour Turing, incapable de s’épanouir dans la société. L’homme souffre donc. Dans son métier comme dans son intimité. Le défi Enigma va lui permettre de se réaliser et révolutionner le Monde.

Le biopic devient un plaidoyer pour la tolérance. Le cinéaste norvégien Morten Tyldum profite d’un spectacle ultra classique pour raconter la souffrance d’un homme mais aussi des homosexuels au milieu de 20e Siècle.  Ce qui rend l’ensemble très didactique. On a l’impression d’être en cours à certains moments.

Turing, contenu à son rôle dans l’armée de Géotrouvetout, aurait mérité  un traitement moins académique, car son génie se limite aux beaux yeux fiévreux de l’excellent Benedict Cumberbatch. Pas la moindre folie dans ce film. C’est du travail de pro. Sans imagination. Sans extravagance.

Ce n’est jamais déplaisant. Mais cette rigueur empêche une totale adhésion au portrait. On est toujours en retrait. Même si la reconstitution est charmante. Même si les comédiens sont tous parfaits avec leur charme typiquement british. Même si la musique est délicate. Même si les trouvailles technologiques de Turing sont intéressantes.

Cela reste de facture trop classique. Le cinéma imite la vie. Le cinéma fait renaître les petites histoires de la Grande Histoire. L’imitation ici est peut être trop précise pour être totalement appréciée.

Avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode et Charles Dance – StudioCanal – 28 janvier 2015 – 1h54

Auteur: Pierre Loosdregt

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