Exodus Gods & Kings

Comme tout bon péplum, les Egyptiens sont des êtres étranges. Ils sont un peu spéciaux ces messieurs en jupe qui se déguisent avec des vêtements en or. Si vous voyez ce que je veux dire. D’un autre coté, les Hébreux sont pas mal non plus: systématiquement, ils s’habillent comme des Jedi et prennent un air triste. D’accord, ce sont des esclaves mais ils font toujours la tronche.

Même quand on leur annonce que Moïse va les libérer de Ramsès le Grand, ami d’enfance de Moïse et dégénéré pourri gâté. A 77 ans, Ridley Scott ne fait toujours pas dans le drame intimiste. Il refait les 10 Commandements à sa sauce. Il reprend même l’histoire de Gladiator et invite Dieu dedans!

Comme dans son majeur succès, Ridley Scott observe la rivalité entre un enfant légitime au trône et un général adoré du peuple, juste avec chacun, dur comme un guerrier et humble comme un religieux. Loin du coté bling bling des Pharaons, Moïse comprend qu’il est différent.

Il va donc réaliser sa mission confiée par Dieu: libérer les Hébreux. L’Ancien Testament par Ridley Scott, c’est donc pas mal d’action et des bastons monstrueuses. Dieu des grands mouvements et des affrontements épiques, Ridley Scott sait faire des scènes lisibles, excessives mais parfaitement cadrées. C’est exactement l’inverse de Michael Bay et autres épileptiques de la réalisation.

Il nous venge un peu de la production actuelle à Hollywood. Sa formation de peintre et d’artiste lui permettent quelques plans assez étranges pour faire la différence. Quelques phrases renvoient aussi au fanatisme d’aujourd’hui… et s’en prend aux religions sans distinction. Le plus troublant reste la dédicace finale qui fait revoir le film sous un nouveau jour. Il rend hommage à son frère, Tony « True Romance » Scott.

Le duel entre Ramsès et Moïse a alors une saveur bizarre. On est mal à l’aise lorsque les plaies s’abattent les unes après les autres. Moïse n’est plus qu’un simple observateur de la déroute de son frère. Difficile de ne pas voir l’auteur de Prometheus incapable d’empêcher le suicide de son frère.

A son âge avancé, Scott est un peu morbide, s’attardant sur la mort des enfants de la cité, filmant le temps qui passe et les êtres que la vie nous retirent petit à petit. Amusant de croiser Sigourney Weaver, la guerrière d’Alien, en belle mère aigrie. Ce n’est pas beau de vieillir semble dire Scott, effrayé par la déchéance.

De cette manière, on pourrait voir une oeuvre personnelle dans ce gros spectacle où biblique veut dire épique. Ridley Scott aurait réussi à mettre du sens et de la chair dans cette impressionnante illustration. Ses inclinaisons sombres se mélangent avec un classicisme un peu ringard (quel accent anglais).

Trop long. Trop énorme. Trop perso. Le Trop est souvent l’ennemi du bien. Ridley Scott prouve encore qu’il est le grand prêtre de la surenchère. Ses défauts deviennent touchants tout comme sa volonté de faire des gros films. Exodus est donc un truc hybride qu’on attendra un peu avant d’évaluer à sa juste valeur. Bizarre vous avez dit bizarre?

Avec Christian Bale, Joel Edgerton, John Turturro et Ben Kingsley – 20th Century Fox – 24 décembre 2014 – 2h30

Auteur: Pierre Loosdregt

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