Et pendant ce temps Simone veille

ET PENDANT CE TEMPS SIMONE VEILLE !

 
Une rétrospective complètement libre et franchement comique de l’histoire française du droit des femmes

Comme son titre le laisse imaginer, « Et pendant ce temps Simone veille » est une comédie, jamais avare de jeux de mots (même « laids »), ni de contrepèteries en tous genres. Légère et enjouée, elle propose de retracer à travers quatre générations de femmes incarnées par Karine Marimon, Hélène Serres et Vanina Sicurani, les grandes heures du droit des femmes, en France, de 1950 à nos jours. Sur le côté de la scène, vêtue d’un costume grotesque magnifique, Bonbon interrompt régulièrement ses camarades pour rappeler, de manière très sérieuse bien sûr, le contexte historique. Ainsi, on se remémore qu’en 1961, alors que les femmes n’étaient légalement pas autorisées à gérer leurs biens sans l’autorisation de leur mari, Moulinex choisissait pour slogan de « libérer la femme » et on ironise sur l’arrivée de la télévision dans les ménages qui, contrairement à Moulinex, n’en affichait pas l’ambition mais soulagea très certainement bon nombre d’utérus en avachissant les maris. On se rappelle aussi les rôles joués par : le député Neuwirth qui, par sa loi de 1967, dépénalisa la contraception ; le Manifeste des 343 Salopes; le terrible Procès de Bobigny; et la loi Veil du 17 janvier 1975 qui dépénalisa l’avortement.

Sans autre prétention affichée que de divertir, la pièce parvient avec succès à balayer un demi-siècle d’histoire du droit des femmes et, avec une bonne dose d’ironie, de second degré et un humour souvent corrosif, à rire de tout et surtout, de son objet principal, la femme, en se demandant notamment si elle n’est pas sa première ennemie et s’il était vraiment souhaitable que, “comme toutes les maladies incurables”, elle ait enfin sa journée dans le calendrier.

En bref on rit de bon cœur, des femmes d’abord mais des hommes aussi, bien sûr, ainsi que de l’avortement, du tchador et des prothèses mammaires en 1990, époque où l’on ne savait pas encore ce que “la silicone valait”. Ames sensibles et ayatollahs du politiquement-correct s’abstenir, les autres sont à peu prêts sûrs de passer un bon moment. Petit bémol peut-être, les décors, la lumière et les costumes qui, s’ils avaient été plus recherchés, auraient encore pu ajouter une dose d’humour et de bonne humeur.

A partir du 18 septembre 2014

A la Comédie Bastille, du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 17h.

 De Corinne Berron, Bonbon, Hélène Serres, Vanina Sicurani et Trinidad

Interprétée par Bonbon, Karine Marimon, Hélène Serres et Vanina Sicurani

Auteur: Louise D.

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