Dune

Autre moment magique pour toute personne qui a perdu le sommeil : Dune ou une montagne d’ennui signé David Lynch.

Le film est signé David Lynch mais il fut mené d’une main de fer par le producteur italien Dino de Laurentiis. Vous n’imaginez tout de même pas que le futur réalisateur de Blue Velvet est allé chercher le groupe de rock FM, Toto, pour la musique du film (au début, Pink Floyd puis Magma avaient travaillé sur le projet). Le cinéaste a juste eu le droit d’inviter Brian et Roger Eno pour un thème.

Pourtant Lynch a bien signé le scénario. Il a dû compresser au maximum l’ample roman de science fiction de Frank Herbert. Son film devait durer 5 heures. Les producteurs ont rugi de colère. La voix off tentera de guider le spectateur.

Le roman était jugé inadaptable. Le film donnera raison à cette hypothèse. Même si Lynch donne un ton tragique à l’ensemble, il s’écroule devant tous les personnages qui hantent les clans qui s’affrontent.

Pour rappel, les Atréides n’aiment pas les Harkonnen. Ils doivent se partager la planète Arrakis qui produit de l’épice, l’élément essentiel de la galaxie. La famille royale de la maison Atréides tombent dans un piège tendu par les Harkonnen et L’empereur (pas celui de Star Wars, un autre très doué aussi en matière de double jeu).

Le prince Paul se retrouve coincé sur Arrakis avec sa mère et devient l’idole des Fremen, peuple qui aime faire du rodéo sur des verres de terre géants. On vous l’a fait courte : Dune est un nid de crabes et de guépes qui complotent dans toutes les maisons, toutes les armées, toutes les familles.

Le pauvre David Lynch n’accorde alors aucun répit au spectateur. Les personnages déboulent et repartent. Les acteurs sont réduits à des pauses shakespeariennes. Ca tombe bien, beaucoup sont britanniques (comme Patrick Stewart futur capitaine de Star Trek Next Generation). D’autres sont aussi perdus que nous.

Le film enchaine les scènes explicatives et informatives. Si les séquences d’action ne sont pas trop mal, le temps a fait son œuvre sur les effets spéciaux et bien entendu la musique. Au début on s’amuse des décors, des costumes et des looks gothiques… mais rapidement on sombre devant tant de problèmes narratifs et des fautes de gout plus ou moins assumés.

Depuis Lynch s’est rattrapé. Dune reste une efficace anesthésie générale. Si vous avez du mal à trouver le sommeil, achetez le dvd !

Auteur: Pierre Loosdregt

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