Deepwater

Certes c’est un bon gros film catastrophe qui ferait passer Backdraft pour un pétard mouillé! Mais c’est aussi un film avec une conscience. Inhabituel à Hollywood!

Le nouveau film de Peter Berg charge la compagnie pétrolière, BP. Il lui en met plein la tronche. Son avidité. Sa dangerosité. Son inconscience coupable. Peter Berg est un réalisateur populaire. Il aime son pays, l’Amérique. On l’imagine comme le cousin de Michael Bay: il film bien les jolies pépées et adore quand ca pète de partout. Il a réalisé des navets à peine regardables (Battleship) et des choses plus louables (Du sang et des larmes) mais il fait rarement dans la demi mesure.

Sa vision du drame survenu sur la plateforme Deepwater Horizon est tout simplement apocalyptique. En 2010, les ouvriers sont confrontés à une éruption sous marine qui va atomiser l’endroit. Quelques héros ordinaires vont tout faire pour aider leurs collègues. Petit à petit la prétention des patrons de l’entreprise pétrolière se cachera dans la honte, le silence et la boue.

C’est bel et bien ce que l’on voit dans le film de Berg: une dénonciation simple et efficace du capitalisme. Les ouvriers sont tous conscients de l’aveuglement des industriels. Ils se taisent et s’accrochent à leur travail. Même s’il est hautement inflammable. Et cela va prendre des proportions dantesques. Le film peut se voir comme une fable sur cette folie qu’est devenue le pouvoir de l’argent et l’obsession du profit.

C’est le film américain que va devoir défendre l’Humanité. Berg observe les petits. Il fait du populisme à sa manière. Néanmoins son film ne laisse pas indifférent. La première partie nous plonge dans l’univers très complexe de l’ingénierie. On se perd dans les méandres de l’exploration maritime et des questions mécaniques. Puis tout s’écroule et c’est franchement impressionnant.

Comme c’est du grand spectacle, il y en a trop mais on est très loin des blockbusters avec des super héros interchangeables. On est dans le réel, la reconstitution passionnée et parfois passionnante. Avec des acteurs investis, on a vraiment les mains dans le cambouis.

Avec Mark Wahlberg, John Malkovich, Kurt Russell et Kate Hudson – SND – 12 Octobre 2016

Auteur: Pierre Loosdregt

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