Cockpit cuisine, Théâtre du Grand Parquet

04 Cockpit Cuisine - Thomas Faverjon

Une expérience de théâtre inédite, un spectacle visuel étonnant, A ne pas louper !

Marc Dabo doit se rendre dans la maison qui lui a été léguée par un certain Marcel Blondeau à Forbach et il doit faire vite, car les bulldozers sont sur le point de la raser. Une photographie de sa mère encore jeune, qu’il trouve sur place, attise sa curiosité. Dans le bric-à-brac de la maison abandonnée et peuplée d’objets (meubles, nappes, assiettes, vieux postes de télévision, lampes), des carnets de dessins et de notes ainsi qu’un album photo permettent à Marc de reconstituer la vie de Marcel.

Il s’aperçoit bien vite que Marcel a laissé plus que les pièces d’un puzzle, mais de véritables œuvres d’art: des films, fabriqués sans effets spéciaux, mais avec beaucoup d’ingéniosité. Les épisodes principaux de sa vie (l’enfance, l’absence du père, le rêve d’un ailleurs, la rencontre de la femme aimée, un long voyage en train, l’introspection et même la disparition finale) ont été représentés dans un théâtre d’objets: objets détournés (photos découpées, jouets, poupées folkloriques), animés (manipulation, fil de marionnette, circuit bricolé), et filmés.

La particularité de ce spectacle est – notamment – qu’il donne à voir les films (supposés de Marcel Blondeau) en même temps que leur fabrication. Car Marc et ses deux cousins, qui ont sauvé de la destruction ce fragile et désuet chef d’œuvre, nous offrent ce privilège: on voit les films de Marcel projeté sur des écrans (vieilles télé, fenêtres) en même temps qu’ils rejouent pour nous, en objets et en miniature, les scènes principales de sa vie. Sa vie et la fin qu’il s’est imaginée, c’est-à-dire sa vie réelle et sa vie rêvée.

COCKPIT CUISINE est un hommage à un artiste inconnu: artisan d’un cinéma d’une certaine contre-culture, peut-être pas convaincu d’ailleurs d’être un artiste, mais seulement un bricoleur.

Cette ambiguïté est au cœur de COCKPIT CUISINE: c’est du bricolage, mais d’une précision absolue; c’est de la récup, mais c’est très sophistiqué; ça a l’air bancal, mais c’est très bien rôdé.

Une douzaine de personnes ont « fabriqué » ce spectacle, de l’écriture au jeu, de la conception des images, des cahiers et des dispositifs à la scénographie, des costumes aux décors, dont les trois attachants comédiens qui interprètent Marc Dabo et ses deux cousins: Laurent Fraunié, Benoît Faivre et Francis Ramm.

Un genre hybride donc, à la croisée du théâtre d’objets et du cinéma, au service d’un récit émouvant: un spectacle à ne pas louper et à partager en famille.

 

Jusqu’au 22 février 2015

Théâtre du Grand Parquet

(rue d’Aubervilliers, Paris 18, métro Stalingrad)

Le jeudi à 14h, vendredi et samedi à 20h, le dimanche à 16h

Pour tout public à partir de 7 ans

Auteur: Audrey Bigel

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