Chronic

Le sujet frappe fort: la fin de vie. Un aide soignant affronte la maladie, la mort, la peine, à chaque fois qu’il accompagne un nouveau patient. La mise en scène cogne: une vision frontale, sans fard, sans recul, de la relation évidemment touchante entre le mourant et l’infirmier.

Tim Roth interprète l’infirmier. Il apparaît comme un personnage froid, multi-tâche et pas loin de l’obsession. Il ne se consacre qu’à son travail. C’est presqu’un robot, capable de tout pour ses malades.Le comédien est toujours parfait, composant un homme solide mais qui cache des petites failles de compassion. Il est même formidable car avec un minimum de mots, il fait passer un paquet d’émotions.

Le film en possède beaucoup. Car il ose tout montrer. Ce n’est pas un film pudique. Mais il n’est pas agressif. Sa neutralité peut déranger mais la caméra se met toujours à distance. Pour un maximum d’efficacité: on n’est pas à l’aise. Mais qui le serait devant ce héros très ordinaire.

Un type qui existe dans son travail mais qui gère très mal sa vie privée. Le prix du scénario est peut être un peu exagéré mais voici un film qui parle d’un autre sujet rare et dérangeant: l’amour de son prochain. Là, il impose une vision glacée mais qui gèle pas toutes les ambiguïtés de ce moment difficile de la vie, pour les vivants et pour les morts.

On est bien obligé de dire que c’est déprimant. En même temps, il y a un éclat de vie dans Chronic, qui finit par nous pénétrer et peut être nous réchauffer, à sa manière!

Avec Tim Roth, Sarah Sutherland, Michael Cristofer et Robin Bartlett – Wild Bunch – 21 octobre 2015 – 1h30

Auteur: Pierre Loosdregt

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