BOXE BOXE – Mourad Merzouki – Quatuor Debussy- Théâtre du Rond-Point
Mai29

BOXE BOXE – Mourad Merzouki – Quatuor Debussy- Théâtre du Rond-Point

Du ring, de la danse et des cordes… L’œuvre est belle. Ils sont douze sur le plateau, danseurs et musiciens. Les danseurs sont ceux de la compagnie Käfig. Les musiciens sont issus du quatuor Debussy. Les compositeurs se nomment Schubert, Ravel, Verdi, Glenn Miller, Philip Glass, Mendelssohn, AS’N. Le chorégraphe, Mourad Merzouki, le scénographe, Benjamin Lebreton. Zelliges couleur sable en filigrane sur le cyclo de fond scène, volutes en fer forgé plus ou moins cabossées, costumes noir et blanc aux tonalités burlesques plantent le décor d’un ring où tout semble possible. Orchestrés par un arbitre bedonnant et par un quatuor à cordes, les danseurs se laissent embarquer dans une variation sur la boxe qui les magnifie. Avec élégance et humour, Mourad Merzouki parvient à mêler un sport spectaculaire aux défis gravitationnels de la danse contemporaine, du hip-hop et des notes classiques. Tout commence sur un ring, avec des gants couleur nez-de-clown, marionnettes vibrant en musique. La partition fonctionne. Le mouvement entre en action. Les gants donnent naissance à un amas de chair mouvante dont s’extraient les danseurs. Et le danseur fut. La sortie du ring pour le plateau est immédiate. Les danseurs s’élanceront alors pendant près d’une heure dans un ballet en hommage à la boxe et au corps. La performance est physique mais également esthétique. Les ruptures de rythmes produisent des effets hypnotiques : les actions ralenties des danseurs mêlées aux lumières de Yoann Tivoli semblent sortir d’un mirage. Les danseurs fantomatiques  avancent sur nous. Le résultat est stupéfiant. Les duo, trio et ensemble s’enchaînent à un rythme effréné dans des chorégraphies qui mettent en avant contacts harmonieux en opposition avec l’image « choc » de la boxe. Les coups et les narrations sont visuelles, fondées sur l’art de l’esquive et la perception des espaces. Un unique tableau montre le boxeur en action sur un sac de frappe, comme un hommage appuyé et ces forçats de l’effort. L’ensemble n’est que plaisir pour les oreilles et les yeux . Le lyrisme est là, le temps suspendu, les corps poussés au-delà. Une poétique de la boxe d’une grande élégance à ne pas manquer. http://www.theatredurondpoint.fr/ Drôle de lutte / Boxe Boxe par...

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Festival 100% Afrique : Génération A, Paris Villette
Avr03

Festival 100% Afrique : Génération A, Paris Villette

Ils se donnent sur scène avec fougue. Tels des bouquetins, ils se battent, se rencontrent, s’accordent Les moments de tension alternent avec les moments d’accalmie où l’on boit le thé. Et vraie valeur ajoutée : le rire !

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Triptyque- Les 7 doigts de la main – Marie Chouinard – Victor Quijada – Marcos Morau
Jan25

Triptyque- Les 7 doigts de la main – Marie Chouinard – Victor Quijada – Marcos Morau

Quand le cirque rencontre la danse contemporaine Circassiens, les artistes de la Compagnie Les 7 doigts de la main présentent dans Triptyque trois mondes chorégraphiés par Marie Chouinard, Victor Quijada et Marcos Morau. Ils sont jeunes et abordent le plateau avec une force et une poésie aériennes spectaculaires. On y retrouve des thèmes de recherche propre à chaque chorégraphe. Les béquilles médicales de Marie Chouinard donnent ici naissance à deux êtres protéiformes dont l’animalité joue avec des représentations mythologiques. Certains y verront un ballet entre un faune-centaure et une nymphe-biche, d’autres des êtres issus d’un monde de science-fiction digne de Bradbury. Portés par une musique originale de Louis Dufort, Anne Plamandon et Samuel Tétreault jouent une rencontre rythmée par l’interdépendance d’une relation affective naissante. Le violoncelle les porte et les soutient dans une ambiance boisée. Le résultat est marquant et d’un onirisme de haute volée. Plus géométrique, Variations 9.81  de Victor Quijada, laisse une place plus représentative aux équilibres. 21 cannes d’équilibre peuvent être déplacées sur un des 75 ancrages possibles percés au sol. Les probables compositions laissent entrevoir une infinité de possibilités. Mathématique, ce tableau impressionne par la mécanique qui s’installe, comme une perdition qui fait perdre au spectateur tout repère habituel. Une gravité inversée dans laquelle les équilibres et les mouvements laissent transparaître des mouvements de hip hop. Un doux mélange de danse urbaine et contemporaine. Nocturne, dernier tableau du triptyque chorégraphié par Marcos Moreau est sans doute le plus vertigineux des trois. Surréaliste. Les artistes dévoilent l’éventail des possibles à partir d’un espace du quotidien, une chambre avec un poste de télévision. Ceci n’est pas une chambre. La danse vient percuter l’espace et les objets afin d’y laisser entrer la verticalité du cirque. Le plateau devient une piste onirique. Le lit s’envole. Monocycle, sangles aériennes, corde lisse, main à main s’invitent. Spectaculaire. Un défi aux contraintes physiques. Un possible rêve. Triptyque est un mélange des arts de très haute tenue à ne pas...

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Rocío Molina – Caida del Cielo
Nov09

Rocío Molina – Caida del Cielo

Elle nous propose une approche libre et contemporaine de la tradition flamenca. Nous le comprenons dès les premières notes de guitares électriques qui annoncent le début du spectacle.

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Le Goujon Folichon, cabaret de Maison Close, Julien Fanthou, Théâtre du Marais
Avr10

Le Goujon Folichon, cabaret de Maison Close, Julien Fanthou, Théâtre du Marais

Loufoque, tendre et délicat, ce spectacle donne une seule envie au spectateur : qu’il continue, qu’il soit connu.

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Il Sangue, Adesso Voglio Musica e basta, Pippo Delbono, Bouffes du Nord
Avr02

Il Sangue, Adesso Voglio Musica e basta, Pippo Delbono, Bouffes du Nord

On aime ou on déteste son théâtre, parce qu’on ne peut pas y échapper par l’ennui, les bâillements assoupis ou la distraction; on est toujours empoigné dans ses visions, martelé par ses mots: Pippo Delbono est notre démiurge.

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ARINGA ROSSA – Ambra Senatore / Le Carreau – Forbach
Mar24

ARINGA ROSSA – Ambra Senatore / Le Carreau – Forbach

Un jeu gestuel entre fiction et quotidien avec ironie et légèreté. Ambra Senatore, chorégraphe italienne de plus en plus appréciée et soutenue notamment en France, présente cette semaine en Lorraine (d’abord à Forbach, puis à Vandoeuvre-lès-Nancy), sa pièce de 2014, dont le titre est la traduction de l’expression anglaise red herring (fausse piste). Aringa Rossa est effectivement une suite d’amusements gestuels des 9 artistes sur scène, aux déplacements élégants et divertissants, entre danse et théâtre comique. Des sons et des bruits commencent et s’arrêtent presque immédiatement, tout est évocation personnelle, atmosphère à la fois ordinaire et étrange, familiarité et équivoque charmant. De nombreux signes, gestes, mots qui, au fur et à mesure que la pièce avance, prennent un sens d’ensemble, construisent un tableau global, une réflexion aérienne, raffinée et franchement drôle des relations humaines. Chez Ambra Senatore, la narration, la remise en question et le commentaire sur le geste en cours, la mise en scène de fragments de personnages, tout cela renvoit à de nombreux autres chorégraphes contemporains : on pense notamment à Salves de Maguy Marin, mais dans une version à l’apparence plus légère et insouciante. Ambra Senatore, d’ailleurs nouvelle directrice du Centre Chorégraphique National de Nantes depuis le début de l’année, montre avec cette pièce sa maîtrise de l’équilibre entre construction très précise et improvisation : la création sonore et le bruitage dialoguent avec les gestes des danseurs de manière riche et enthousiasmante. Le public se retrouve impliqué dans le jeu chorégraphique et sensoriel de façon délicate, ludique et réjouissante. Un spectacle ironique et...

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Mass B, Béatrice Massin, Théâtre national de Chaillot
Mar18

Mass B, Béatrice Massin, Théâtre national de Chaillot

On apprécie les farandoles planantes, les moments aériens; des interprètes sortent du lot, certains retrouvent dans cette parenthèse enchantée leur placement de danseur classique…

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Attends, Attends, Attends… Pour mon Père, Cédric Charron, Jan Fabre, Théâtre de la Bastille,
Mar11

Attends, Attends, Attends… Pour mon Père, Cédric Charron, Jan Fabre, Théâtre de la Bastille,

Les premières secondes de ce solo inaugural dans le triptyque Jan Fabre proposé au Théâtre de la Bastille, nous plongent d’emblée dans une expérience mystique, transparente à un Autre Monde, de l’Au-delà… Nimbée de fumée blanche qui déborde de la scène pour envelopper doucement le public, la pénombre devient diffuse, propre au visons magiques. S’en extrait Cédric Charron, vêtu d’un rouge cru. La scène est là-encore une composition picturale du plasticien Jan Fable, truffée de symboles gothiques. Cédric Charron danse le passage de vie à trépas de la figure du Père, dans la peau de Charon, le « nocher des enfers », qui guide les mourants moyennant péage dans leur traversée du Styx. Charon est dans la mythologie grecque un vieillard malcommode, ce que le fantasque danseur mime très bien, dans un travail corporel évoquant la danse Buto, une autre danse des Ombres… Dans le texte qui se déploie, Cédric Charron s’exprime pourtant en homme encore jeune qui réclame au Père, d’Attendre, Attendre… Pour que le temps de danser puisse avoir lieu, le temps de la procrastination et de l’inutile pour le Fils, qui ouvre l’accès au monde la Création, libéré de l’interdit du Père. Il y a donc deux passages à opérer: du Père oedipien au Père mort, du Fils paralysé au fils artiste; pour que le temps, après l’Attente, se mette à passer de nouveau… Le texte est superbe, les effets visuels assez hypnotiques; on regrettera néanmoins un ensemble un peu hermétique et « en force ». Mais il en va de même dans d’autres solos précédents présentés par Yann Fabre, qui réussissaient peut-être mieux à donner au propos crûment biographique une résonance plus métaphysique, notamment par les références au monde médiéval. Si l’on retrouve ses codes obligatoires, comme le corps en croix -l’expérience même du « chemin de croix »-, on trouve moins facilement dans Attends le fil esthétique du rêve… On continuera néanmoins de suivre Jan Fabre, tant au musée qu’au théâtre, dans son traitement des corps, de Nature Morte à Transcendance, pour faire apparaître combien l’Art s’arrache dans l’effort à un temps où la Mort est sans cesse évoquée.   du 9 au 13 mars 2016 Solo pour Cédric Charron de Jan Fabre Théâtre de la...

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Nombrer Les Étoiles, Alban Richard, ensemble Alla francesca, Théâtre 71
Mar10

Nombrer Les Étoiles, Alban Richard, ensemble Alla francesca, Théâtre 71

Dans un entretien pour le numéro spécial de La Terrasse Shall we dance?, Alban Richard déclare:  « Les CCN peuvent travailler à la reconnaissance et à la nécessité de la danse dans une société. […] Le projet pour Caen est essentiellement une utopie. » Dans Nombrer Les Étoiles, l’utopie consiste à projeter sur scène une brèche spatio-temporelle pour plonger des artistes aux corps et habitus ultra-contemporains dans un environnement baignée de musique médiévale, et ce dans la plus grande fluidité, le plus grand naturel. Pourrait-on imaginer un voyage dans le temps plus doux et serein? Alban Richard, assisté pour le son par Félix Perdreau, a inséré une continuité minutieuse entre les ballades oniriques interprétées par l’ensemble Alla francesca et le souffle même des danseurs, réverbéré dans tout le public, intensifiant encore l’expérience de transport, intérieur autant que physique. Chaque geste de main, de pieds, inclinaison de tête… répond subtilement, note pour note, au chant. Ces arabesques lentes, ce tournoiement suspendu par instants en des poses symboliques, évoquent les sujets gracieux des enluminures médiévales où chaque geste est un langage. Il émane de l’ensemble un climat de grande détente; tour à tour le chant s’élève, à son diapason les corps s’envolent, puis tout revient à l’état neutre, à l’image d’une boîte à musique dont le mécanisme s’interrompt. On peut remarquer que les interprètes sont en blue jeans, comme Alban Richard lui-même dans la Suite Dansée présentée l’année dernière à la Philharmonie au son du claveciniste Christophe Rousset. Alban Richard est un chorégraphe qui recherche un traitement « métrique » de la danse, dans une réponse poignante et rigoureuse à la partition musicale. On se souvient du morceau de bravoure que fut Pléiades pour le festival Montpellier Danse en 2011 où les six danseurs de son ensemble l’Abrupt scandaient le tempo des Percussions de Strasbourg sur la musique de Iannis Xenakis dans une vitesse d’enfer… Il poursuit sa recherche amorcée à Chaillot en 2014 dans Et mon coeur a vu à foison, de plongée dans l’univers baroque/ médiévale. Il est question pour lui de travailler une nouvelle contrainte d’écriture chorégraphique, comme un compositeur se frotterait au genre dodécaphonique. Mais ce qui éclate avec Nombrer les Étoiles, illustre bien « la nécessité de la Danse » dans la cité. Avec la peinture classique, nous avions accès à la représentation du corps anatomique, à une certaine valorisation du corps dans une dimension presque sacralisée. Dans le monde contemporain, il ne reste que la danse pour nous rappeler l’importance du corps, du geste, du rythme, de la marche ou du souffle…; pour nous en montrer et faire entendre la beauté. En blue-jean du quotidien, cette beauté sereine éclate parfaitement grâce aux interprètes d’Alban Richard, en...

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FLA-CO-MEN, Israel Galván, Théâtre de la Ville
Fév06
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Festival Animal.es – Luc Petton & Antonia Baehr
Jan23

Festival Animal.es – Luc Petton & Antonia Baehr

« Un festival transféministe antispéciste » enfin à Metz, une programmation pluridisciplinaire qui aborde la thématique des animaux pour déconstruire les normes et les lieux communs. La soirée du 22 janvier, au théâtre de l’Arsenal, est consacrée à la danse et à la performance, d’abord avec la pièce Light Bird de Luc Petton, puis avec Abecedarium Bastiarium, une performance intimiste de l’artiste allemande Antonia Baehr. Nous pouvons évoquer rapidement Light Bird : une salle comble et enthousiaste pour un spectacle mettant en scène 4 grues de Mandchourie à côté de 4 danseurs (2 hommes et 2 femmes) et un musicien. Après le succès à Metz en mai dernier, pendant le festival Passages, du Jour du grand jour du Théâtre Dromesko, une pièce bouleversante, mettant en scène de manière vibrante notamment un marabout, nous nous attendions à un autre spectacle capable de jouer de la relation avec les animaux avec la même grandeur et intelligence, de donner une raison profonde à leur présence sur un plateau, de nous faire oublier les tristes clichés d’un zoo… Light Bird déçoit en proposant une danse « humaine » assez banale car entièrement portée par la puissance d’ambiance de la musique, et surtout bien trop genrée dans ses représentations masculine et féminine. A côté de cela, l’apparition des 4 grues ne trouve jamais une réelle motivation, leur présence ne donne lieu à aucune réflexion esthétique ou philosophique sur la danse entre humanité et animalité, nous avons plutôt l’impression d’animaux finalement quand même en cage, obligés à être partie d’un dispositif qui avance à vide, sans but et sans un réelle force de proposition. Un sentiment opposé se dégage de la performance Abecedarium Bastiarium d’Antonia Baehr. Un spectacle surprenant pour une jauge limitée : une trentaine de spectateurs entre dans l’univers de la performeuse qui évoque des animaux disparus et des amitiés personnelles en jouant des déguisement de genre, en leur donnant un sens profond et extrêmement vif grâce au prisme de l’animalité. Les questionnements de genre – le plus immédiat est celui de la performativité cher à Judith Butler – activés par le biais du déguisement en des êtres mi-bêtes mi-travestis acquièrent dans les différentes saynètes mises en scène une vérité bouleversante, drôle et touchante. Aux antipodes d’un théâtre qui se veut pur effet tape-à-l’œil par l’éloquence facile des nappes sonores et la spectacularité des grues sur scène, la performance d’Antonia Baehr dévoile sa puissance révélatrice : à la fois pour l’artiste (révélation de son intimité, de son discours ingénieux et pénétrant, de son corps mis à l’épreuve de l’animalité et de la nudité) et pour le public (mis doucement en danger, car présent...

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CCN Ballet de Lorraine, Mathilde Monnier, Alban Richard, Cecilia Bengolea et François Chaignaud, Chaillot
Jan17

CCN Ballet de Lorraine, Mathilde Monnier, Alban Richard, Cecilia Bengolea et François Chaignaud, Chaillot

Il est réjouissant de suivre cette compagnie du Ballet de Lorraine comme on surveille une pépinière.

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Barbe neige et les sept petits cochons au bois dormant, Laura Scozzi, Rond-Point
Jan14

Barbe neige et les sept petits cochons au bois dormant, Laura Scozzi, Rond-Point

Si tu viens pour le hip hop, c’est léger mais si tu viens pour rigoler c’est gagné!

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From Black to Blue, Mats Ek,
Jan10

From Black to Blue, Mats Ek,

La danse de Mats Ek ne fera pas répertoire.

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José Montalvo, Y Olé!, Théâtre de la Ville de Luxembourg
Oct04

José Montalvo, Y Olé!, Théâtre de la Ville de Luxembourg

Un diptyque faisant dialoguer Les Demoiselles d’Avignon de Picasso et Le Sacre du Printemps de Stravinsky : une conversation chorégraphique entre culture savante et culture populaire. La pièce est séparée en deux parties distinctes, dans lesquelles les 16 danseurs mettent leurs corps à l’épreuve des œuvres phares de la modernité. Deux parties dans lesquelles le flamenco est l’élément perturbateur de la représentation, de plus en plus présent, envahissant et source d’extrême délectation pour le public qui, à la fin du spectacle, applaudit longuement les danseurs. Montalvo affronte donc Picasso et Stravinski par le spectre de ses souvenirs d’enfance dans le sud-ouest de la France, en les confrontant à toute une panoplie de gestuelles, de rythmes et de chants folkloriques, parmi lesquels le flamenco s’impose toujours. Au fond, des images vidéos, assez kitsch et décalées, qui lancent ou répondent aux mouvements des danseurs sur la scène. Le spectacle, dans sa globalité, nous laisse assez perplexe, il nous paraît un simple jeu personnel, jouissif et intimiste, sans une vraie tentative de dire quelque chose de la danse contemporaine, de l’héritage de la modernité par ces rapprochements entre culture savante et culture populaire. On est loin des saisissements théoriques et émotionnels que provoquent par exemple les pièces de Hofesh Shechter, dans lesquelles la gestuelle folklorique est une sorte d’excavateur pour bouleverser de l’intérieur les poncifs de la danse contemporaine. Représentation du 25 septembre...

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Golden Hours (As you like it) – Rosas / Anne Teresa De Keersmaeker – Théâtre de la Ville de Luxembourg
Juil06

Golden Hours (As you like it) – Rosas / Anne Teresa De Keersmaeker – Théâtre de la Ville de Luxembourg

Anne Teresa De Keersmaeker bouscule les attentes de son public avec une pièce tentant de nouvelles voies chorégraphiques par la mise en scène de Shakespeare. Anne Teresa De Keersmaecker nous avait habitués à un travail d’analyse de la musique par le corps, de confrontation mutuelle du mouvement et du son d’une grande exigence métrique et formelle. Avec Golden Hours (As you like it), elle s’élance dans de nouvelles directions, mettant onze jeunes danseurs à l’épreuve de Shakespeare. Un théâtre muet – quelques vers de As you like it sont projetés sur le mur du fond, mais aucun des dialogues de la pièce n’est récité par les danseurs -, où les intrigues d’amours et de travestissements sont retranscrit et réinventés par les corps sur scène. Au tout début de la pièce, la reprise par trois fois du morceau de Brian Eno nous introduit à un temps étiré, irréel, complètement onirique et absurde. Par la suite, la mise en scène de As you like it est une réelle épreuve pour le spectateur : le silence presque continu dans lequel se développent les mouvements des danseurs, la difficulté à les interpréter, à naviguer dans ses rythmes saccadés, dans ses déplacements entrecoupés, dans un investissement de l’espace dont la logique est dure à saisir, tout cela rend Golden Hours très hermétique. Quelques moments de bonheur surprennent le public, notamment le magnifique solo de Georgia Vardarou, et on se dit qu’Anne Teresa De Keersmaecker a tout à fait raison de nous bousculer, de nous ennuyer, de se rendre incompréhensible, de vouloir tenter autre chose en opposition aux attentes que nous avons vis-à-vis de son travail, à la jouissance annuelle des pièces, faites d’analyse musicale par le corps et de géométrie radieuse et implacable, auxquelles elle nous a habitués. Elle se cherche – ou elle s’est trouvée de nouvelles directions, sans que nous n’arrivions à entrer dans cet autre univers : pour l’instant ?...

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deGeneration, Hofesh Shechter,  Abbesses
Mai26

deGeneration, Hofesh Shechter, Abbesses

On pourrait regretter les redondances du chorégraphe Hofesh Shechter… Ce serait omettre dans son travail la nécessité de faire Répertoire, pour inscrire ou retenir une mémoire qui échappe et revient toujours au présent… Dans le programme présenté au théâtre des Abbesses, il a transmis aux huit jeunes recrues de sa compagnie fondée en 2008 les pièces Cult et Fragments, écrites en 2004 et 2003. Suit la création Disappearing Act. On y repère la constance d’un vocabulaire gestuel: épaules en avant, dos rond-tête basse-bras ballants comme somnambules, travail au sol  qui glisse sans bruit comme les enfants la nuit… Pour décor principal, une lumière basse d’où s’échappent des ombres fantomatiques; et de la brume, comme l’air poussiéreux après des tirs de mortier. L’autre stéréotype de Shechter est l’environnement sonore, qu’en tant que batteur, il scande dans un rythme pleinement confondu aux pulsations du mouvement. N’est-ce pas lorsqu’un chorégraphe se reconnaît par ses tocs, obsessions monomanes, qu’il est devenu un Auteur? La danse de deGeneration évoque les danses guerrières. Ces jeunes interprètes à l’énergie débridée apparaissent dévoués à l’ensemble; Disappearing Act à la fin du propos semble conclure sur le Groupe comme seule forme de survie… La répétition formelle pourrait s’entendre ici comme un martèlement ou une démarche de conservation: dans quelque obscurité, on danse en avant-plan de la guerre… On retrouvera la compagnie d’Hofesh Shechter au festival d’Avignon. du 4 au 20 Mai 2015 Théâtre de la...

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Für die kinder von gestern, heute und morgen (2002), Pina Bausch
Mai26

Für die kinder von gestern, heute und morgen (2002), Pina Bausch

  La scène est immaculée une virginité trois ouvertures noires : deux portes une vue. Si grandes ouvertures que les danseurs minuscules les mouvements immenses. L’équilibre des corps balanciers les limites de la chute. C’est la main qui retient le corps, c’est la chaise qui redresse l’homme à terre. Le corps, ce miracle. Une petite danseuse une très grande il y a ici et tout du long des déséquilibres des tremblements de cœur des certitudes et des normes. Des inversions. Sur la scène blanche chaque corps possède cinq ombres. La danseuse minuscule n’a qu’à bouger les doigts et c’est son corps entier qui danse. On porte, à deux, à trois, des corps de femmes des corps d’hommes, des grands des petits des vieux des nous. Ils deviennent pont marée rivages, architecture ils épousent ils progressent ils volent culbutent. Le corps, cette architecture. Un solitaire s’élance et s’empêche, s’enivre se brutalise. Se décontrôle. A distance il tire un fil invisible, articule et manipule la danseuse couchée jusqu’à ce qu’elle l’enlace puis debout toujours la conduit la dirige et lorsqu’enfin elle trouve son autonomie, c’est pour danser, nous danser. Un cœur est un cœur est un organe et un LOVE Le corps, cet amour. Des corps-oiseaux, des bras-ailes des hanches porteuses une ronde de femmes volantes, déplacement d’air dans un tourbillon nous sommes emportés, le cercle de plus en plus large se fend, fondent sur nous les oiseaux ailes déployées, des corps qui ne s’arrêtent plus même assis sautent, tressautent. Le corps, cet infini. Au jeu de la corde à sauter les brutalités enfantines, au jeu de la corde lance-femme dans les bras, des étreintes des unions. Une étreinte est un O – Un baiser un X OXOXOXOX Le corps, cette équation. Tant de façon di dire « une étreinte », de dire « un baiser », tant de mouvement pour danser une étreinte, pour danser un baiser, tant de partitions pour s’aimer « Est-ce que tu m’aimes ? Je ne crois pas. Peut-on essayer, commencer par cinq minutes ? Cinq secondes. » Tentative d’une demi-minute, c’est beau un couple qui s’aime une ½ minute, c’est long. Le corps, cette éternité. Perdre les mesures, mesurer de l’espace de son corps, de son amour. Petits arrangements avec les sentiments, comportement animal. Le corps, cet animal. A chaque scène, à chaque danse, chaque musique, chaque mouvement, s’écrit un précis d’anatomie, l’anatomie de la danse, des corps, des invisibles. Précis d’anatomie, précis d’autonomie, des détails des séductions, des pommes rouges des chevelures rousses et brunes, des regards. Le corps, cette séduction. Se coiffer à la pointe de son talon aiguille, brûler les pages de son livres, prendre le feu dans ses mains, se...

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Nelken (1982), Pina Bausch, Tanztheater Wuppertal Cie, Ville
Mai22

Nelken (1982), Pina Bausch, Tanztheater Wuppertal Cie, Ville

On ne pourrait pas voir trop souvent de pièces de l’éternelle Pina; ce serait trop d’émotion et de beauté d’un coup, ça déborderait sur la Vie. Il faut voir dans la rareté, une cérémonie du Wuppertal, puis retourner à sa vie les yeux pleins, et laisser venir la danse qui relie les deux dans des histoires et des rondes à l’infini… On souhaite que ça ne s’arrête jamais; on célèbre chaque année la conservation exemplaire d’un répertoire sans prix, né de la communauté profonde entre Pina Bausch et ses interprètes … Nelken, création phare de 1982, qui reparaît aujourd’hui au Châtelet comme si elle venait de fleurir, traite de la Mémoire intime. Très sensorielle, cette narration en mouvements associe librement pour dévoiler l’enfant dans l’adulte. On y retrouve le cocasse et les violences parfois des jeux d’enfants; l’absurde toujours des paroles des adultes adressées à l’enfant. Cette danse-théâtre est « un exercice d’enfance »: il ne s’agirait pas de vieillir en oubliant de jouer… Certains des interprètes historiques sont remplacés déjà, mais pas de tristesse: la marche inéluctable du temps, on la suit avec joie et nonchalance; et aussi avec cérémonie, en grande pompe et robes de bal… Pourquoi on a dansé au commencement, pourquoi ne peut-on plus danser de la même façon? Comment danse-t-on avec son corps de maintenant, tout en pensant et en parlant de ses souvenirs?… Sur scène, se succèdent de puissants rites de passage, des épreuves, des « grands sauts ». Après ces expériences, il apparaît que les interprètes ont retrouvé quelque chose qui a fait venir la joie: un langage simple et sensible, qui a rétabli le pont entre l’avant et l’après. Visuellement, les couleurs plantant le théâtre sont à couper le souffle. La salle entière est entraînée dans la ronde, symbole fétiche de la chorégraphe. « On ouvre le bras droit, le bras gauche; on ramène le bras droit vers sa poitrine, puis le bras gauche »… Sur cette invite, spectateurs et danseurs enlacent un même imaginaire; pour la plus longue des dernières danses… Du 12 au 17 Mai 2015 au Théâtre de la Ville, Paris Nelken, Tanztheater Wuppertal, Pina...

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