Caprice

Clément rencontre Alicia. L’amateur de théâtre ose inviter la grande comédienne pour un dîner. L’instituteur et l’actrice tombent amoureux. La vie est belle. Pourtant il y a dans la vie de Clément, la sautillante Caprice, étrange objet de désir…

Pour ceux qui ne connaissent pas Emmanuel Mouret, il pourrait être présenté comme le gardien des vieilles traditions. Il s’est spécialisé dans le recyclage parisien des stéréotypes d’un autre temps, convoquant en même temps le style particulier d’Eric Rhomer et le ton vaudevillesque des comédies légères des années 50 ou 60.

Les artifices sont totalement assumés. C’est très littéraire. Ca peut être agaçant, rétrograde ou réac. On peut voir cela comme un hommage au cinéma de papa, à la fausse inconséquence du cinéma. Mouret a le grand mérite d’avoir une marque de fabrique et il ne laisse pas indifférent.

Dans son style, Mouret soigne très souvent son casting. Il a pris la bonne habitude d’enfermer dans des petits appartements de la capitale des grands comédiens et des lumineuses comédiennes ravies de badiner avec l’amour et dialoguer avec une chaste trivialité sur les sentiments.

Pour Caprice, après le drame raté Une Autre Vie, Mouret profite des qualités comiques de Virginie Efira et Anaïs Demoustier. Leur grâce nous berce et leurs erreurs font rire. Drôles et touchantes, elles tirent le film vers le haut tout comme Laurent Stocker, une fois de plus, parfait.

Ce sont eux qui nous font apprécier les manières old school de l’acteur-cinéaste. On regrettera tout de même un rythme qui baisse au fur et à mesure des rebondissements amoureux plus ou moins grotesques et téléphonés. Mais cette passion pour les énormités de mise en scène, les effets abandonnés depuis des lustres, le ton qui lorgne entre la nouvelle vague et Woody Allen, peut amuser.

Cela fait longtemps que Mouret use et abuse de cette pratique mais il arrive ainsi à se faire une place dans le paysage bien médiocre de la comédie française. Et son charme discret parisien et prétentieux apparaît dans Caprice comme une qualité plutôt qu’un vilain défaut!

Avec Virginie Efira, Anaïs Demoustier, Emmanuel Mouret et Laurent Stocker – Pyramide –  22 avril 2015 – 1h40

Auteur: Pierre Loosdregt

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