Blackstar

Allez on profite des vacances d’hiver pour se réchauffer auprès de David Bowie qui mine de rien nous a laissé un puissant testament qui marque la grandeur du personnage. Chapeau l’artiste !

Il avait donc tout prévu. On trouvait les paroles de son petit dernier, assez sombres. Son clip le montrait agonisant ! David Bowie préparait bel et bien sa mort. Deux jours après la sortie de son 26e album, Bowie tirait sa révérence après une dernière mutation musicale.

The Next Day était un disque commercial, plus traditionnel avec des hits et des ballades. Cette fois ci il expérimente de nouveau. Il s’acoquine avec un saxophone libre et il a visiblement des envies de jazz et d’électro. Difficile de ne pas prendre en compte la mort soudaine de l’artiste, mais Blackstar est drôlement inventif.

On reconnait donc le Bowie sauvage qui au crépuscule de sa vie, se lance dans une dernière bataille contre les stéréotypes et les étiquettes. Il s’arrache à la retraite bien sage qu’on lui a promis. Son espiéglerie prouve qu’il a toujours été un jeune homme sacrément ingénieux. Aidé par le fidèle Tony Visconti, il secoue de nouveau son sac à malice pour nous offrir des petites surprises, peu nombreuses, mais assez fascinantes.

Il théâtralise radicalement sa façon de chanter. On se croirait chez David Lynch, un univers feutré, moderne mais à cheval sur le passé. Les machines sont derrière l’homme. Le saxophone de Donny McCaslin est d’une précieuse aide pour intriguer l’auditeur avant de le séduire. On est au croisement de tous les styles qui font la gloire de l’artiste protéiforme, à l’aise dans tous les genres, toutes les exubérances.

Il livre certes son œuvre la plus sombre depuis très longtemps mais elle est surtout marquée par l’originalité. Il cherche cet espace de créativité qui lui reste entre l’artiste et le succès colossal qui a fait la légende de Bowie. On est encore surpris par cette façon d’aborder de nouveaux genres, l’air de rien, avec un naturel classieux et une voix qui défie encore le temps !

Son sens de la mélodie et sa voix subtile résistent aux capricieuses envies de la star de se réinventer à nouveau, créer une nouvelle étoile dans sa discographie. Elle est noire. Mais son éclat est évidemment éblouissant juste après sa disparition. Il faudra peut-être réévaluer la dernière œuvre du grand Bowie dans quelques mois, mais elle est à coup sûr étonnante et déroutante.

Columbia – 2016

Auteur: Pierre Loosdregt

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