C’est encore mieux l’après-midi – Ray Cooney – Théâtre Hébertot
Mar11

C’est encore mieux l’après-midi – Ray Cooney – Théâtre Hébertot

              Adapté d’une pièce de Ray Cooney, dramaturge britannique, C’est encore mieux l’après-midi est un vaudeville qui met en scène un député ayant décidé de passer l’après-midi dans un hôtel avec sa maîtresse plutôt que sur les bancs de l’assemblée nationale. Utilisant les ressorts comiques du genre comme les quiproquos ou les claquements de porte, le metteur en scène José Paul réussit à donner à l’intrigue une énergie  redoutable. Tambour battant, le couple Pierre Cassignard et Lysiane Meis – aussi menteur l’un que l’autre- fait valser un hilarant Sébastien Castro en assistant parlementaire. Le rythme est soutenu et à contre-courant du jeu du comédien Castro qui se plait à suspendre le temps pour exprimer embarras et incompréhension devant des situations qui lui échappent totalement. Guilhem Pellegrin joue un directeur d’hôtel digne d’un Philippe Khorsand dans la série Palace.  Le public rit énormément. Si l’écriture manque parfois de finesse et notamment la fin,  le rythme, les quiproquos, la mise en scène et surtout le jeu des comédiens font de ce vaudeville une réussite comique qui ravira les amateurs du genre. http://theatrehebertot.com/  À partir du 23 février 2017 – Du mardi au samedi à 21h – Samedi 16h30 et dimanche 15h00 Durée :...

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FELLAG – Bled Runner – Théâtre du Rond-Point
Fév26

FELLAG – Bled Runner – Théâtre du Rond-Point

« Vous avez raté la colonisation, nous avons raté l’indépendance, on est quitte ! »

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NOCE – Jean-Luc Lagarce / Pierre Notte – Théâtre Lucernaire
Fév12

NOCE – Jean-Luc Lagarce / Pierre Notte – Théâtre Lucernaire

                Une Noce qui l’emporte à l’arrachée Jean-Luc Lagarce est un des dramaturges contemporains les plus joués en France. Son succès est sans nul doute lié à la force de l’écriture. Une écriture qui cherche sans relâche à réinterroger la langue française et sa représentation théâtrale. Ses personnages sont des fantoches qu’il manipule, n’hésitant pas à les faire répéter leur texte, les faire sortir du discours pour les relancer sur d’autres mots ou d’autres phrases. Le mélange est détonnant, frise l’absurde. On retrouve sur le plateau les 5 personnages de Noces, une pièce écrite en 1982 dans laquelle Lagarce s’amuse avec le rêve provincial fantasmé d’invitations à la Noce. Serai-je invité à la Noce dont tout le monde parle ou ne le serai-je pas ? Dès lors les personnages vont se heurter à la langue de Lagarce qui se joue d’eux-mêmes et aux événements narratifs qui viendront leur barrer la route. La Noce est fantasmée. Plus le fantasme est grand, plus la lutte pour faire partie des invités sera acharnée. Ils parviendront à entrer pour le meilleur et pour le pire. Dans cette mise en scène de Pierre Notte, une grande liberté est laissée aux comédiens. Le plateau devient un ring dans lequel les comédiens se débattent avec la langue et parfois avec eux-mêmes. Le décor est succinct : une table pliante, quelques chaises, quelques valises, des accessoires en toc, et des bouteilles d’eau pour les plus sportifs. La musique d’ambiance digne de Psychose est là pour cadencer et martyriser les personnages qui demandent régulièrement un répit au régisseur. Les conséquences sont sans appel : une course folle dans laquelle le texte est lancé en coups de poing du début à la fin sans crescendo, sans respiration. Paola Valentin joue une enfant-coryphée qui vise juste. Ça claque et ça fuse. Eve Herszfeld joue une dame d’une bonhommie qui allège la charge. Gregory Barco et Bertrand Degrémont un homme  et un monsieur aux variations mesurées tandis qu’Amandine Sroussi, cocotte-minute ruisselante, joue une femme en sur-jeu permanent, déséquilibrant le plateau et effaçant dans l’excès tout collectif possible. Si on comprend bien le parti pris du combat engagé qui s’opère, on comprend assez mal en définitive la nécessité de jeu en surtension permanente pour un texte réduit ici à une partition mécanique, loin de toute nuance et d’émotions possibles. On rit lorsque Lagarce pousse ses personnages dans le pillage de la Noce, lorsque l’absurde s’empare du drame au milieu de barricades. Mais on regrettera sans doute ce trop-plein de cabotinage, de précipitation, de sur-jeu inutile qui court-circuite le possible vertige du texte, la possible angoisse de personnages rejetés...

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Triptyque- Les 7 doigts de la main – Marie Chouinard – Victor Quijada – Marcos Morau
Jan25

Triptyque- Les 7 doigts de la main – Marie Chouinard – Victor Quijada – Marcos Morau

Quand le cirque rencontre la danse contemporaine Circassiens, les artistes de la Compagnie Les 7 doigts de la main présentent dans Triptyque trois mondes chorégraphiés par Marie Chouinard, Victor Quijada et Marcos Morau. Ils sont jeunes et abordent le plateau avec une force et une poésie aériennes spectaculaires. On y retrouve des thèmes de recherche propre à chaque chorégraphe. Les béquilles médicales de Marie Chouinard donnent ici naissance à deux êtres protéiformes dont l’animalité joue avec des représentations mythologiques. Certains y verront un ballet entre un faune-centaure et une nymphe-biche, d’autres des êtres issus d’un monde de science-fiction digne de Bradbury. Portés par une musique originale de Louis Dufort, Anne Plamandon et Samuel Tétreault jouent une rencontre rythmée par l’interdépendance d’une relation affective naissante. Le violoncelle les porte et les soutient dans une ambiance boisée. Le résultat est marquant et d’un onirisme de haute volée. Plus géométrique, Variations 9.81  de Victor Quijada, laisse une place plus représentative aux équilibres. 21 cannes d’équilibre peuvent être déplacées sur un des 75 ancrages possibles percés au sol. Les probables compositions laissent entrevoir une infinité de possibilités. Mathématique, ce tableau impressionne par la mécanique qui s’installe, comme une perdition qui fait perdre au spectateur tout repère habituel. Une gravité inversée dans laquelle les équilibres et les mouvements laissent transparaître des mouvements de hip hop. Un doux mélange de danse urbaine et contemporaine. Nocturne, dernier tableau du triptyque chorégraphié par Marcos Moreau est sans doute le plus vertigineux des trois. Surréaliste. Les artistes dévoilent l’éventail des possibles à partir d’un espace du quotidien, une chambre avec un poste de télévision. Ceci n’est pas une chambre. La danse vient percuter l’espace et les objets afin d’y laisser entrer la verticalité du cirque. Le plateau devient une piste onirique. Le lit s’envole. Monocycle, sangles aériennes, corde lisse, main à main s’invitent. Spectaculaire. Un défi aux contraintes physiques. Un possible rêve. Triptyque est un mélange des arts de très haute tenue à ne pas...

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RICHARD III – LOYAULTÉ ME LIE – WILLIAM SHAKESPEARE – Jean Lambert-Wild – Elodie Bordas- Lorenzo Malaguerra- Gerald Garutti- Stephane Blanquet et Jean-Luc Therminarias
Nov19

RICHARD III – LOYAULTÉ ME LIE – WILLIAM SHAKESPEARE – Jean Lambert-Wild – Elodie Bordas- Lorenzo Malaguerra- Gerald Garutti- Stephane Blanquet et Jean-Luc Therminarias

Fantastique ! Il y a du génie dans cette mise en scène. Du génie parce que malgré une adaptation qui paraît lointaine, l’histoire du théâtre élisabéthain traverse le plateau en permanence. Ici, le théâtre se joue à 3 : Jean Lambert-Wild qui joue un Richard III aux allures de Joker mélant folie barbare et tendre solitude, Elodie Bordas qui joue, métamorphose, une pléiade de personnages skakespeariens, et cet impressionnant carrousel forain, décor source et mise en abyme permanente qui collabore à la spirale du pire. Le ballet s’enchaîne.  Le spectateur est emporté dans une danse clownesque tragique. Richard III erre. Perdu, happé par le goût de la mort et déconnecté de toute valeur humaine. Le clown de Lambert-Wild est un chef d’orchestre, un metteur en scène, un funambule qui joue sur le fil de la mort plus que sur celui de la vie. On suit la chute inévitable de ce Richard III carnavalesque qui finira par s’engloutir lui-même. Une variation spectaculaire et directe qui mérite toute notre attention. http://lambert-wild.com/fr/spectacle/richard- iii-loyaulte-me-lie-william-shakespeare http://www.theatredelaquarium.net/  jusqu’ au 3 Décembre 2016 Théâtre de l’AquariumParisFrance Le 6 Décembre 2016 Le CarreauForbachFrance Du 13 au 17 Décembre 2016 Théâtre Dijon BourgogneDijonFrance Le 10 Janvier 2017 Theatre Edwige-FeuillèreVesoulFrance Le 14 Janvier 2017 Theatre de Bretigny – scène conventionnéeBrétigny-sur-OrgeFrance Le 17 Janvier 2017 Théâtre de ChellesChellesFrance Le 20 Janvier 2017 L’escale en co-accueil avec la Ferme du Jeux à Vaux le Penil MELUNFrance Le 27 Janvier 2017 théâtre...

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MARIAGE ET CHATIMENT de David Pharao –  Jean-Luc Moreau – Théâtre Hébertot
Nov11

MARIAGE ET CHATIMENT de David Pharao – Jean-Luc Moreau – Théâtre Hébertot

Un très bon Boulevard à recommander pour cette rentrée et pour les fêtes. Edouard est témoin de mariage de son meilleur ami. Alors que celui-ci s’apprête à partir pour rejoindre le futur marié, le voilà retenu chez lui par une de ses collaboratrices architecte (Zoé NONN) qui, après lui avoir annoncé qu’elle attend un enfant et qu’il en est le père, l’oblige à boucler un projet dans la journée sous peine de tout révéler à sa femme, Marianne (Delphine RICH). Le remord dans l’âme, Edouard (Daniel RUSSO) cède au chantage et renonce malgré lui au mariage de son volcanique et fidèle ami (Laurent GAMELON). Quand celui-ci débarque pour comprendre les raisons de son absence, Edouard, effrayé, lance un mensonge qu’il croit sans importance. Ce n’est malheureusement que le premier. Devant justifier ce mensonge, il en invente un autre qui l’entraîne alors dans une histoire qui finira par totalement le dépasser. La valse des mensonges devient un mélange explosif jusqu’au dénouement final. Mariage et châtiment est un très bon boulevard. Fondé sur une mécanique classique digne de FEYDEAU et de son Tailleur pour dames, avec une distribution plus allégée et des entrelacs moins alambiqués, la pièce met en valeur le jeu des comédiens, très à l’aise dans le genre. Delphine RICH lance la pièce avec énergie et élégance, donne une modernité à l’ensemble. En queue de pie, Laurent GAMELON interprète un marié gentil, dévoué mais sanguin. Un registre dans lequel il excelle. Les airs, les regards et mouvements mis en scène par Jean-Luc Moreau font mouche. La mariée, Fanny OUTEIRO, au service d’un texte qui fait d’elle une femme ingénue et soumise aux événements, apporte toute la naïveté et la légèreté à l’ensemble. Quant à Daniel RUSSO, il interprète un Edouard d’une grande lâcheté avec une couardise proche de celle de De FUNES. Le rythme soutenu, les comiques de situation embarquent rapidement le public dans le rire. Mariage et châtiment est une composition classique et réaliste réussie, une pièce sur le mensonge du mensonge dans laquelle la mise en abyme semble ne jamais s’arrêter. Un joli tourbillon de 5 comédiens à ne pas manquer. http://theatrehebertot.com/mariage-et-chatiment/...

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Kallagan au Point Virgule – Virtuose
Août28

Kallagan au Point Virgule – Virtuose

                L’humour potache qui fait mouche 1ère partie de Fabrice Eboue et de Jeff Panacloc, Révélation du Montreux Comedy festival 2014, Prix du Jury et Prix du Public du festival Mont-Blanc d’humour de Saint-Gervais 2015, Coup de Coeur de l’édition 2015 du « Point Virgule fait l’Olympia et Bobino »,  Kallagan est un jeune trentenaire à l’humour ravageur. Le spectacle de l’humoriste est fondé sur la proximité avec le public propre au café-théâtre, en particulier au Point-Virgule, et son expérience conjugale. Kallagan a le don de la répartie, très rapidement l’analyse de la salle est faite. Les couples et célibataires sont plus ou moins identifiés. Le spectacle évolue entre incises avec le public et histoire de son couple. Kallagan prône la théorie du septennat : 7 ans viennent à bout du couple. Père d’un enfant, Kallagan évoque son point de vue masculin sur la paternité,  les visites chez le gynécologue – avec un accessoire dont on vous laisse le plaisir de la découverte –  les relations avec le beau-père, l’accouchement, le tout en écho avec les réactions du public. Si l’humour est parfois trash et direct, déconseillé aux moins de 16 ans, la salle répond et rit à gorge déployée devant les mimiques ou jeux de scènes visuels du comique qui a l’art d’aborder la chose avec décontraction et beaucoup d’autodérision. Le spectacle ne dure qu’une heure. On aimerait rester davantage pour prolonger les rires et découvrir Kallagan dans un répertoire de sketchs élargi. Une chose est sûre, le potentiel comique est là. Célibataires et couples, vous êtes prévenus : à l’issue du spectacle et des dialogues avec Kallagan, le cours de votre en vie en sera peut-être changé… A découvrir et à suivre de près. http://www.lepointvirgule.com/content/kallagan Le Point Virgule, 7 rue Sainte Croix de la Bretonnerie, 75004...

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Christo et Jeanne-Claude – Fondation Maeght – Et le Mastaba fut !
Août10
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LOTUSFLOW3R – MPLSOUND – ELEXER / PRINCE – (Because music – 2009)
Avr26

LOTUSFLOW3R – MPLSOUND – ELEXER / PRINCE – (Because music – 2009)

Prince est de retour avec un triple-cd sur le label indépendant Because Music. Triple injection pour trois facettes : soul, rock et funk. Triple injection pour montrer que le Prince aime plus que jamais le mélange des genres tout en renouvelant son statut d’incontournable musicien. Enfin ! Le Prince a choisi Because Music pour la France, un label indépendant. Prince entretient la singularité. On se rappelle que le Prince a été un des premiers a claqué la porte des majors, ouvrant la voie à bien d’autres depuis… Si le nom du Prince était sous licence à la Warner jusqu’en 2000, Rogers Nelson de son vrai nom n’a jamais cessé de produire, écrire sous d’autres pseudos, même si les medias l’ont beaucoup moins exposés. De retour cette année à Londres et cet été en Suisse au Festival de jazz de Montreux devant 8 000 fans, le voilà désormais en pleine lumière dans les bacs sous deux versions : un album simple « Lotusflow3r » et un triple cd en édition limitée dans lequel l’album central est rejoint par « Elixer » et « Mplsound » (Minneapolis Sound). Pochette surréaliste, le Kid de Minneapolis au centre d’un lotus renaît. Bienvenue dans la Galaxie du Prince… L’Elixir de Bria Valente : se Souler au « 2nite » Le triple-cd est forcément surprenant. Parce qu’il donne une formidable rampe de lancement à Bria Valente, la nouvelle protégée du Prince dans un album clairement conçu pour activer les hormones. Si l’album est inspiré d’une soul entourée d’étincelantes touches de guitare électrique au son jazzy et parfois de lourde basse (« Here Eye Come »), le rythme vacille entre son hip-hop (« Home ») et disco comme en témoigne le sulfureux « 2nite » qui fera chanceler tous les night dancers avec un langoureux beat disco qui va faire transpirer les boules à facettes. Le song lover n’oublie pas qu’il est une icône sexy, Bria est là pour le rappeler, effets de voix séducteurs à l’appui. La galaxie du Prince, c’est aussi l’univers de la nuit. « 2nite » va tourner en boucle sur les platines, tandis que les autres morceaux parfois sombres vous plongeront dans une soul propre mais qui ne révolutionnera pas le genre. « Every time » donne même un côté fleur bleue kitchissime. L’album s’écoute très bien même si les fans ne comprendront peut-être pas l’immersion de cette nouvelle icône dans le paysage du Prince. « Lotusflow3r » : la guitare-power « Lotusflow3r » remet la guitare en pole position et on sait qu’en ce domaine le Prince est largement compétent. Les sonorités sont variées et rejoignent celles d’Hendrix. L’influence est telle dans « Dreamer » (la...

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Le Syndrome de Cassandre – Yann Frisch – Théâtre du Rond-Point
Avr08

Le Syndrome de Cassandre – Yann Frisch – Théâtre du Rond-Point

Yann Frisch et le clown existentialiste C’est coincé derrière un « mur mou » translucide, entre un bureau capricieux et une mère séquestrée dans une malle que Yann Frisch a décidé d’emprisonner son clown de théâtre. Avec comme seules armes sa magie et son imagination, le clown de Frisch évite de charger le plateau d’un comique mécanique et linéaire. Le cadre est vite posé.  Le clown commence l’histoire en essayant de la finir, allumette à la main. Il est seul, vif et grinçant. En dérangement perpétuel et instable. Mange des bananes. Tourne dans sa cage. Questionne le sens du réel et le rôle du fictif. Essaye de convaincre que la magie n’existe pas, tout en en maîtrisant tous les codes. Il est sans être vraiment, en lévitation entre être et non-être. Le syndrome de Cassandre rend fou. Frisch bouscule les frontières de la représentation jusqu’à celles du spectateur. Ni vraiment clown comique, ni vraiment magicien, il se cherche clown de théâtre. Tente d’enlever en vain son nez noir. Tente l’inclusion dans le mode du spectateur. Cligne des yeux nerveusement devant l’angoisse du néant. On suit le clown, ses détournements contrôlés de la fiction. Le spectateur devient méfiant devant la tournure que pourrait prendre la fiction. La frontière est sensible, poétique. Haute voltige théâtrale, Frisch casse l’espace et les codes. Parfois maître de l’illusion, parfois valet du réel, son clown déambule en cage à la recherche du soi. Une mise en abyme existentialiste du clown de théâtre. On rit jaune, on rit gris, on rit peur. La farce, méli-mélo de fiction et de réel, ne peut que mal finir. Un très beau numéro de clown tragique.  ...

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Victor F. – Laurent Gutmann – Théâtre de l’Aquarium- La Cartoucherie
Jan23

Victor F. – Laurent Gutmann – Théâtre de l’Aquarium- La Cartoucherie

  Victor F. comme Frankenstein ? Nous sommes en 2016. La décapante adaptation contemporaine de Laurent Gutmann évacue toute la noirceur gothique du roman classique du début du XIXe siècle.  Si la réflexion sur l’immortalité du corps est évoquée en début de pièce en lien avec notre modernité technique et scientifique, toute métaphysique et magie est abandonnée au profit d’un matérialisme déconcertant reflet de notre époque. La complexité des personnages et des enjeux a disparu. La fable devient une histoire linéaire qui abandonne tout cauchemar tragique au profit d’une structure narrative digne d’un feuilleton sentimental. Le point de vue finit progressivement par transformer Victor F. en comédie avec des scènes d’une drôlerie parfois digne d’un Woody Allen. Remarquable Cassandre Vittu de Kerraoul qui interprète une Elizabeth castratrice amoureuse du docteur. Digne et poétique Serge Wolf dans un Henri aveugle qui fait avancer l’action en échangeant avec Victor. La scénographie d’Alexandre de Dardel présente un plateau valorisant une forme pop-kitch. La suisse refuge du docteur a des airs de paysage Milka, et le masque très réussi de Frankenstein rappelle les  créations contemporaines hyperréalistes d’un Ron Mueck, les sculptures carnavalesques d’un Jeff Koons. Un univers cohérent avec une vision qui accentue un côté parodique du Frankenstein du Mary Shelley. Laurent Gutmann s’amuse avec le mythe. Sa version, farce contemporaine, est un miroir d’une époque cynique qui ne prend pas assez le temps de réfléchir une déontologie qui structure des codes moraux , ni même de penser l’action et ses conséquences à long terme. L’ensemble finit justement dans la judiciarisation comme dernier secours à la non-pensée. Victor F. Prométhée moderne ?...

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PÉGASE ET ICARE – Alexis Gruss – Les Farfadais
Déc25

PÉGASE ET ICARE – Alexis Gruss – Les Farfadais

              Un spectacle puissant à ne pas manquer Alexis Gruss présente sa nouvelle création Pégase et Icare au cirque Alexis Gruss en collaboration avec la Compagnie des Farfadais et l’orchestre de Sylvain Rolland. Le résultat est tout simplement étonnant et magique à tout point de vue. Fondé sur la rencontre mythologique de Pégase, le cheval ailé fils de Poséidon, et d’Icare, fils de Dédale qui réalisa des ailes de cire pour s’échapper du Labyritnhe, le spectacle parvient à fusionner les arts équestres traditionnels et une poétique fondée sur des numéros visuels dignes des plus grandes comédies musicales. La féerie est habilement guidée par une chanteuse à la voix parfaitement placée, une orchestration calée au millimètre et des références musicales cinématographiques et populaires. Avec des costumes grandioses, des structures gonflables légères évoquant des monstres fantastiques, le spectateur bascule très rapidement dans le monde imaginaire des Gruss. La famille en impose. La synergie entre chevaux et hommes est à son apothéose. Émotion, vitesse, puissance, se dégagent de la piste. On prend plaisir à vibrer avec les membre de la famille Gruss qui prennent de réels risques en compagnie des chevaux. La justesse est là.  Alexis Gruss et sa femme veillent en piste à la mécanique du réel à la beauté du geste. Le résultat est grand. En parallèle, les acrobaties et portés de la Compagnie des Farfadais défilent dans les airs et l’eau. Une grande place est accordée à la pole dance. Un art de la sensualité parfaitement maîtrisé par des artistes qui savent communiquer leur plaisir. La créativité est là. Superbe Chute d’Icare dans l’eau sur le Skyfall d’Adèle. Magnifique plateau sur Nothing else Matter de Metallica. Alexis Gruss est une institution. Sa famille réussit à hisser l’art équestre à un niveau de beauté d’une grande exigence. Ce spectacle gagne le pari de la modernisation dans le respect de la tradition et d’un héritage promis à un long avenir. A voir....

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Un piano
Déc25

Un piano

A 70 ans, Joos revient sur son passé à travers un album touchant qui met à jour une cicatrice toujours ouverte. La perte trop rapide d’un père a laissé une ombre permanente sur le chemin de Joos. Petit garçon il n’a jamais pu entendre d’histoire sur les loups sans faire de cauchemars…

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DIDIER BÉNUREAU ET DES COCHONS – Théâtre du Rond-Point
Nov30

DIDIER BÉNUREAU ET DES COCHONS – Théâtre du Rond-Point

Au XXIe siècle la Bruyère s’appelle Bénureau !

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MOINS 2- Guy Bedos et Philippe Magnan – Théâtre Hébertot
Oct10

MOINS 2- Guy Bedos et Philippe Magnan – Théâtre Hébertot

De la politesse du désespoir à la politesse du cœur… Guy Bedos et Philippe Magnan sont sur le plateau du Théâtre Hébertot. Vêtus de pyjamas, allongés, en service de réanimation, ils se savent malades d’un cancer. Le diagnostic tombe sans ambages dès les premières minutes, le médecin pronostique deux semaines de vie pour Jules Tourtin (Philippe Magnan) et une semaine pour Paul Blanchot(Guy Bedos). L’annonce provoque un dernier sursaut chez Paul Blanchot qui décide alors d’entraîner Jules sur la route la plus proche pour une dernière évasion sentimentale. Accompagné par du Chopin, le spectacle avance au rythme des pas en suspend de chaque comédien. Le duo fonctionne très bien, Philippe Magnan joue un retraité de chez Darty qui semble être passé à côté de sa vie, tandis que Guy Bedos joue un père en quête d’un dernier souffle. C’est la rencontre avec une jeune femme enceinte qui donnera au duo l’occasion d’exister une dernière fois. Les échanges donnent lieu à de jolies mots d’humour même si le rythme est sans doute plombé par un Frédéric Chopin qui donne une coloration très mélancolique à l’ensemble et un dialogue de Samuel Benchetrit qui n’exploite pas assez les potentiels comiques et cyniques de chacun . Le sujet aurait pu s’aparenter au roman de Jonas Jonasson, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, et offrir un road-movie humoristique et provocateur, il n’en est rien. Guy Bedos joue un vieux serein qui a rangé ses colts et accepte le destin annoncé, Philippe Magnan un vieux désenchanté proche d’un Droopy incompris. La balade en compagnie de ces deux grands comédiens aux profils de clowns blancs ayant baissé la garde est agréable. La scène est tenue avec aisance et les situations les plus drôles permettent au comédien de rebondir avec facilité . Une politesse du désespoir mise à nue qui laisse place à une nouvelle politesse du cœur. Un peu trop polie ?...

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Princesse Vieille Reine – Pascal Quignard – Marie Vialle / Théâtre du Rond-Point
Sep11

Princesse Vieille Reine – Pascal Quignard – Marie Vialle / Théâtre du Rond-Point

                Il était une fois un joli jadis Il était une fois une comédienne nommée Marie Vialle et un écrivain, Pascal Quignard. Tous deux décident de travailler à la représentation de contes écrits par celui-ci. Un plateau est alors composé d’un sol miroir- mon-beau-miroir, d’enceintes verticales côté cour côté jardin, de lumières. Marie Vialle n’a pas d’accessoires, juste quelques robes de Chantal de la Coste que la comédienne se plaît à composer et décomposer au gré de la narration. Un dos nu, une voix, des regards, du rythme et quelques transitions sonores envoûtantes qui évoquent la foulée d’un cheval qui traverse le temps. Le résultat est une perle. Une perle de justesse et de créativité. Avec humilité et délicatesse, Marie Vialle tresse en mots l’histoire de femmes le temps d’une soirée. Un work in progress dans lequel Eros et Thanatos ont le beau rôle, avec toute la violence que cela implique parfois. Un brin érotique et charmeur, les contes rappellent la structure des contes traditionnels japonais. Ils en ont toute la tenue. Quand la nature et les cris d’animaux s’en mêlent alors c’est une poésie du vivant qui s’installe. Un parfum de liberté. La représentation est savamment orchestrée et amuse comme ce premier conte des origines qui explique pourquoi les femmes portent souvent les hommes. Pascal Quignard a la plume fine, Marie Vialle sait l’utiliser. La femme est une princesse en début de récit mais finit vieille reine proche d’une vieille pierre qui blesse dans le conte final. Entre temps la cruauté, la jalousie, l’impatience, la colère sont venues polir des âmes humaines rongées par les passions. Le spectateur écoute, se laisse volontiers porter par cette jolie danse verticale de mots et de gestes. Les jadis n’ont pas tous la même valeur, ce jadis-là est apaisant et séduisant. Un réel plaisir à ne pas manquer.   3 sept. – 27 sept., 20:30 salle Roland Topor dimanche, 15:30 relâche les lundi...

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887 – Robert Lepage – Théâtre de la Ville
Sep11

887 – Robert Lepage – Théâtre de la Ville

            A la page du « je » me souviens, Lepage nous perd Robert Lepage est un grand. Nul besoin de présenter l’influence de son regard scénographique sur les plateaux contemporains. Depuis ses succès historiques dont La Trilogie des dragons, ses compétences lui ont permis d’aborder une réflexion pluridisciplinaire sur l’esthétique théâtrale contemporaine qui a su largement se diffuser. Ici, Robert Lepage se présente seul comédien sur l’immense plateau du Théâtre de la Ville. Seul, avec son immense technicité, son micro, ses télécommandes, ses écrans, la machinerie théâtrale de sa compagnie concentrée sur la réalisation d’une boîte à dimension humaine en centre scène. Pour la boîte, il s’agit de déployer selon chaque face un décor spécifique : appartement intérieur, façade d’immeuble, intérieur de bar, intérieur de taxi, écran de projection. La technique est toujours stupéfiante. Pour Robert Lepage, il s’agit de travailler sur les souvenirs. Il convoque pour cela ses souvenirs d’enfance du 887 rue Murray en confrontant cette mémoire permanente à la mémoire à court terme du comédien, sportif de la mémoire, et à la mémoire historique. Le texte que Robert Lepage est chargé d’apprendre,  est Speak White,  poème de Michèle Lalonde écrit en 1968. Le poème est emblématique de la Révolution tranquille au Québec, décennie de réflexion et de construction de l’identité nationale. Les communautés anglophones, francophones et amérindiennes cherchent à trouver un nouvel équilibre. Le drapeau canadien actuel en est un  de ses fruits. Lepage s’amuse alors en croisant l’apprentissage de ce texte avec sa vie d’enfant et la vie sociale du Québec. Ses mémoires se croisent. Mais voilà. Robert Lepage ne tranche pas. Ni théâtre social, ni théâtre esthétisant, ni one man show, le JE de Lepage erre et rebondit d’un sujet à l’autre durant 2h15 sans éruption scénique. Entre récit autobiographique et sociologique, le choix timide du mi-chemin finit par appauvrir le discours et par nous perdre. La résonnance est faible, l’ennui pointe plusieurs fois le bout de son nez. Essoufflement ? Volonté de repositionner son art théâtral à davantage de simplicité ? La démarche interroge. Les pointes d’humour, les figurines et les appartements miniatures ou grandeur nature attirent le regard et l’attention du spectateur mais ni les sujets, ni les effets ne produisent la  magie théâtrale escomptée, le décor semble inadapté au volume du plateau. Et si les références au père chauffeur de taxi sont touchantes, la tirade finale attendue de Speak white ne suffit malheureusement pas à rehausser un spectacle qui appartiendra à une mémoire à court terme. Dans la salle du théâtre de la Ville, le succès ressemble davantage à un succès d’estime qu’à un succès théâtral....

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La Promesse de l’ange – Frédéric Lenoir – Violette Cabesos
Août13

La Promesse de l’ange – Frédéric Lenoir – Violette Cabesos

Art roman et roman polar à l’honneur ! La Promesse de l’ange est un bon polar historique sur le Mont-Saint-Michel et ses constructeurs bénédictins du XIe siècle. Ecrit par Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, le roman a une grande qualité : réussir à plonger le lecteur dans la vie de l’abbaye en 1023. Pour cela, les auteurs s’appuient habilement sur une intrigue menée tambour battant par une héroïne contemporaine nommée Johanna et de solides connaissances historiques sur le Mont. Archéologue hantée depuis son plus jeune âge par un rêve traumatique de moine décapité lui répétant en latin pour accéder au ciel il faut fouiller la terre, Johanna se voit rattraper par son destin. La voilà responsable d’un chantier de fouilles au Mont-Saint-Michel. Il s’agit de découvrir les causes d’une modification architecturale de l’abbaye et l’auteur de ces changements. Le lecteur se voit alors à la fois plongé dans les recherches archéologiques de l’héroïne et dans les prémices architecturales de l’abbaye. Jalousies et croyances contemporaines viendront lui mettre des bâtons dans les roues. Si l’écriture n’est pas aussi fleurie que celle d’un Jean-François Parot, les détails donnés sur l’abbaye, le discours d’évangélisation de l’époque, les joutes verbales et les descriptions de personnages haut en couleur font leur effet. L’époque médiévale est valorisée au travers de moines respectant la Règle de St Benoît et une foi qui les pousse à bâtir des montagnes. L’époque des croyances bat son plein. L’époque contemporaine laisse apparaître des personnages dont les intentions sont souvent égocentriques, liées à des carrières et des conflits d’intérêt. Le lecteur plonge moralement en faveur du XIe siècle, de ces moines, même si bien sûr quelques brebis galeuses viennent assombrir le tableau pour pimenter l’intrigue. Le roman est lui d’architecture assez classique. L’intrigue du XI siècle croise celle du XXIe grâce à une alternance de chapitres qui se font écho. Parfois le XIe siècle devance l’enquête de Johanna, parfois l’enquête de Johanna répond aux mystères laissés par les abbés montois. On se laisse malgré tout rapidement emporté par le jeu de pistes de Johanna et les références aux croyances de l’époque chrétiennes ou celtiques. Inévitablement, le roman donne envie de retourner au Mont et de redécouvrir l’Archange. Dans une balance, nul doute que ce joli polar sur l’art roman est un bel hommage au site et ferait pencher le plateau du bon côté. Un petit paradis. (La Promesse de l’ange a obtenu le prix des maisons de la presse en 2004 et a été traduit en 10 langues… cela s’appelle un succès de librairie ? Un best-seller...

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L’Enigme des Blancs Manteaux
Juil15

L’Enigme des Blancs Manteaux

Historien de formation, Jean-François Parot a le souci du détail et de la vérité historique, les nombreuses notes présentes tout au long du récit avec les sources en témoignent largement. En « humble chroniqueur des aventures de Nicolas Le Floch », Jean-François Parot inonde l’enquête de scrupuleuses descriptions du Paris du XVIIIe siècle qui donnent au livre un degré de vraisemblance tout à fait remarquable. L’entreprise est d’autant plus intéressante qu’un vrai travail d’écriture est réalisé, empruntant un lexique et des expressions propres au siècle des lumières qui reflètent un réel amour de la langue et de son histoire.

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The Art of the Brick – L’incroyable art du Lego de Nathan Sawaya
Juin07

The Art of the Brick – L’incroyable art du Lego de Nathan Sawaya

L’exposition est étonnante et spectaculaire. Étonnante parce qu’elle montre l’inimaginable à partir de Lego, spectaculaire parce que les sujets sculptés ont des dimensions humaines qui troublent l’œil du spectateur et sa perception. Le changement d’échelle joue en faveur de l’oeuvre comme chez Ron Mueck ou Jeff Koons. Nathan Sawaya est sans soute un brin mégalomane, un brin fêlé et à coup sûr très rusé. L’homme se présente à travers une vidéo dès l’entrée de l’exposition, avec l’assurance du self-made-man américain qu’il est, puis il continue à vous parler sur les cartels en s’adressant à votre conscience. Cela en énervera certains ou en amusera d’autres. L’homme a débuté par des études de droit et finit avocat. Mais voilà, le soir, l’homme crée avec des Lego. Il est employé par Lego qui voit le filon s’ouvrir à lui. Nathan Sawaya ouvre alors son propre cabinet pour voler de ses propres ailes… de Lego. Les œuvres exposées sont à voir. Qu’on y voie ou non de l’art contemporain ou un geste marketing savamment dosé à partir de produits dérivés, il y a dans les œuvres montrées une continuité autour de la condition humaine et des limites de la matière que l’artiste lie aux limites de l’existence dans une société mondialisée ou l’entreprise impose ses lois. Il y est question de tensions entre le monde intérieur de l’homme et son environnement. Si le pouvoir expressif de la matière Lego est limité -l’art est essentiellement figuratif- les jeux de lumières créent en revanche des effets intéressants sur le relief des visages représentés. Au-delà des concepts ou des symboles, la matière Lego est utilisée par Nathan Sawaya comme un pixel numérique. Notre œil de spectateur est beaucoup moins efficace que l’objectif de nos smartphones pour saisir la réussite réaliste de ses œuvres planes. Prenez une photo d’une œuvre, le constat est saisissant : l’œuvre photographiée est plus réaliste que ce que nous voyons. L’appareil voit ce que nous ne voyons pas. La dernière salle joue de cette ambiguïté. Les œuvres en Lego sont intégrées à des photographies numériques de synthèse avec des couleurs pastels type cartes postales américaines des années 50. Les sujets représentés sont suffisamment simples pour que chacun puisse s’y identifier. Les métaphores sont récurrentes, amusent parfois ou font grincer. La solitude est probablement le personnage qui apparaît le plus dans cette exposition, cette solitude partenaire idéale du joueur de Lego. « Un jeu terrible, cruel, captivant… comme un légo avec du vent… » http://www.theartofthebrick.fr/ Paris Expo, Porte de Versailles, Pavillon 8/A 1 Place de la Porte de Versailles – 75015 PARIS Métro : ligne 12, station Porte de Versailles Tramway : Ligne T2 et T3...

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