Hôtel Feydeau
Jan20

Hôtel Feydeau

Drôle, immensément drôle, le roi des quiproquos demeure actuel. Mais n’te promène donc pas toute nue, L’Hôtel du libre-échange, Le système Ribadier : ces histoires de mari cocu, de femme infidèle, de domestiques insolents sont intemporelles.

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Brasseur et les enfants du paradis, Théâtre du Petit Saint-Martin
Oct01

Brasseur et les enfants du paradis, Théâtre du Petit Saint-Martin

J’ai découvert dans cette pièce un comédien magnifique.

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Le Goujon Folichon, cabaret de Maison Close, Julien Fanthou, Théâtre du Marais
Avr10

Le Goujon Folichon, cabaret de Maison Close, Julien Fanthou, Théâtre du Marais

Loufoque, tendre et délicat, ce spectacle donne une seule envie au spectateur : qu’il continue, qu’il soit connu.

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Le pas du Renard
Mar07

Le pas du Renard

L’un, grand blond, beau gosse et tombeur est un scientifique. J’ai nommé Nathan Masson. L’autre, brun, à la fine moustache bien datée est Etienne Kaplan, colonel des services secrets français. Comme dans le binôme british on retrouve un scientifique et un militaire.

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Il est de Retour
Déc30

Il est de Retour

Passé l’étonnement des premiers jours, Hitler se ressaisit et revient à sa préoccupation première : rendre à l’Allemagne sa grandeur et, pour ce faire, se débarrasser de la femme qui dirige désormais le pays. Bien évidemment, personne ne le prend au sérieux et ne croit un instant que ce monstre est de retour.

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Projections macabres
Oct20

Projections macabres

Bon, c’est vrai, les premières pages peuvent agacer le néophyte, ou celui qui ne connaît pas les célébrités du début du vingtième siècle. Se retrouver à chaque page avec des références à Emilienne d’Alençon, Cléo de Mérode ou la grande Marguerite Moreno, peut lasser.

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La Belle Saison
Sep11

La Belle Saison

Le film est tout sauf passéiste et, dans la deuxième partie, grâce au talent des deux comédiennes, il prend une autre dimension, toute d’ampleur et de force. Les images de lumière et de blés – comme sur l’affiche magnifique – la campagne opulente, les corps enlacés sans voyeurisme mais avec un étonnant naturel, tout cela est superbement filmé par Catherine Corsini.

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Comme un Avion
Juin19

Comme un Avion

Certains trouveront peut-être cela un peu facile : oui, les gens qu’il rencontre semblent plus détendus, plus simples. Oui, les gags rapides, clins d’œil aux débuts du burlesque, sont vraiment drôles. Mais cela n’empêche pas les déconvenues, les déceptions, les embûches. Pourtant, plus le film passe, plus Michel « lâche prise ». Certes, la technologie n’est jamais loin :

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Voyage en Chine
Avr05

Voyage en Chine

Cadrages serrés, demi-teintes et clair obscur, le réalisateur choisit délibérément de filmer l’intime, tout en nuances et en expressions mêlées. Il sait faire passer mille sentiments en cadrant des mains, des regards, des larmes. Avec une justesse étonnante. Pas de mièvrerie ici, ni de sensiblerie.

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David Bowie is, Philarmonie de Paris
Avr01

David Bowie is, Philarmonie de Paris

On est tous un peu David Bowie, on a tous une chanson de lui en tête, une image, un visage.

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Il était une fois complètement à l’Ouest, Caramels fous, Théâtre Dejazet
Jan29

Il était une fois complètement à l’Ouest, Caramels fous, Théâtre Dejazet

Ça y est, ils sont enfin revenus ! Les Caramels fous, troupe de chanteurs et comédiens gays, est de retour pour notre plus grand plaisir. Et le leur aussi, visiblement. Ils ont l’air tous tellement heureux d’être sur scène, de nous offrir ce moment de bonheur et d’éclats de rire que, forcément, ça rejaillit sur la salle, conquise d’avance cependant. Les Caramels, c’est une aventure incroyable, qui dure depuis plus de trente ans. Depuis le début, ces fous chantants ont leur cohorte de fans, leurs adeptes inconditionnels. Et peu importe que l’auteur change –Michel Heim vient de laisser la place à Antony Puiraveaud – que de nouveaux comédiens en remplacent d’autres, le public est là, fidèle au poste. Les Caramels sont bénévoles et pourtant, bien des troupes professionnelles pourraient les prendre en exemple. Cela dit, c’est un bénévolat particulier… Un vrai sacerdoce. En effet, chacun des volontaires sait qu’il signe pour une période donnée (qu’il peut ou non renouveler) durant laquelle ses loisirs vont être presque totalement couleur caramel. Répétitions, apprentissage du chant et de la danse, coup de main pour les décors, la couture et j’en passe : le temps libre est consacré au futur spectacle. Et ça marche. Mais qu’ils en ont fait, du chemin, depuis Les Dindes galantes ! Ah, l’incroyablement hilarante Madame Mouchabeurre et Pas de gondoles pour Denise… Textes détournés, personnages féminins étonnants, petits clins d’œil à l’air du temps… Chaque fois, le bonheur est au rendez-vous. Cette fois, la troupe nous accueille au Crazy Pony Saloon et nous reviennent en mémoire les films de western de notre enfance, sans oublier les BD de Lucky Luke… Il y a Ma, les danseuses, la Cheyenne, le croque-mort, le chercheur d’or, bref personne n’est oublié. Mais ô surprise, dans cet univers très macho arrive un charmant coiffeur. Et là, l’histoire dérape et nous entraine dans des péripéties toutes plus loufoques et tendres les unes que les autres. Le décor, sobre et réaliste à la fois, est à la hauteur et les costumes sont particulièrement réussis. Des danses country et des bavardages surréalistes font écho aux voix, dont certaines sont particulièrement belles. Xavier Sibuet, croquemort déjà remarqué en marin dans Madame Mouchabeurre, nous donnerait des frissons. Et il faut entendre Thierry Quessada chanter « Femme d’1mètre 80 » pour saisir totalement l’univers des Caramels. Laury André, inoubliable Bécassine de Mme Mouchabeurre –sans oublier son clin d’œil à Britney Spears dans Pas de gondoles – est toujours aussi doué, qu’il chante, qu’il grimace, qu’il danse. Il est là depuis 2003 et, espérons-le, pour longtemps encore. Laissez-vous entrainer dans ce saloon d’un autre temps, venez rire en reconnaissant des musiques familières, laissez-vous bercer par cette...

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Les tribulations d’Ana, Lucernaire
Déc23

Les tribulations d’Ana, Lucernaire

« Les tribulations d’Ana », au théâtre Lucernaire ? Si vous voulez passer un bon moment, où l’humour et la tendresse se partagent la scène, relayés par une actrice vraiment douée, n’hésitez surtout pas ! Il y a quelques années, Les tribulations d’une caissière avait connu un succès incroyable. D’abord par le bouche-à-oreille, puis l’originalité du sujet avait fini par titiller les médias. Drôle de thème, certes, mais tellement plus original que les émois nombrilistes et vains de bien des auteurs d’aujourd’hui. L’ouvrage d’Anna Sam, paru chez Stock excusez du peu, est drôle. Tout simplement. Mais pas seulement : pertinent, lucide, mordant, incisif. Tendre. Au départ, il s’agissait d’un blog sur le web, elle compilait des anecdotes personnelles qui sont ensuite devenues un livre. En le lisant, Sébastien Rajon a été séduit et a décidé de le mettre en scène. Il fallait une comédienne pour porter ces mots, ces émotions, bref pour interpréter Les tribulations d’Ana. Vica Zagréba incarne à merveille cette femme. Sur scène, trois points, trois lieux ou presque. Au milieu, la caisse, point névralgique de l’histoire, dans laquelle on est plongés immédiatement. Pas de temps mort, ici, pas d’ennui, pas d’hésitation. Dès le début, la talentueuse comédienne campe une DRH comme on en a tous rencontré, un peu inculte, un peu méprisante, mais qui la prend à l’essai tout de même. De la formation au décomptage frénétique et affolant des articles (on n’est pas loin du Charlot des Temps modernes), à l’évocation du salaire –de misère – et des clients insupportables, rien n’est superflu, tout sonne juste. On découvre le SBAM (Sourire-Bonjour-Au-revoir-Merci) et les remarques perfides des acheteurs. Celle-ci fait particulièrement mouche : « Si tu ne travailles pas à l’école, tu finiras comme la dame. » Jeux de scène, jeux de postiches et d’accents, musiques réalistes : la comédienne a recours avec succès à des artifices, clins d’œil malicieux à une vérité douloureuse. Car cette pièce, si elle est librement inspirée de l’ouvrage et nous fait souvent sourire, n’est pas, loin s’en faut, qu’une étude sociologique. C’est la peinture criante de vérité d’un monde où la frénésie absurde de consommation pousse à l’irrespect, où la perte du sens de la réalité remplace la considération et l’empathie. C’est fou comme un texte qui paraît léger peut, grâce à un metteur en scène et, surtout, à une comédienne inventive, se transformer en un moment unique.   Jusqu’au 24 janvier 2015 Théâtre du Lucernaire Du mardi au samedi à 19h....

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François Truffaut, l’exposition, Cinémathèque Française
Déc06

François Truffaut, l’exposition, Cinémathèque Française

L’exposition consacrée à François Truffaut à la Cinémathèque est l’un des événements de cet automne à Paris. Rétrospective dans et hors les murs, elle balaie de nombreux aspects de la vie et de l’œuvre de ce grand cinéaste.   Ceux qui connaissent bien la biographie de François Truffaut auront le plaisir de découvrir des documents inédits. Et ceux qui ignorent presque tout du cinéaste sortiront de l’exposition avec l’envie de courir voir tous ses films. Car la Cinémathèque a relevé un défi assez difficile : dans un espace finalement assez limité, elle parvient à aborder de nombreux angles du travail du cinéaste, mais aussi de son parcours personnel et de ses engagements. On le sait, François Truffaut a mis beaucoup de lui dans le personnage d’Antoine Doinel, qui apparaît pour la première fois dans Les Quatre cents coups. Jean-Pierre Léaud incarnera dans quatre autres films ce garçon vif et impertinent, qui deviendra au fil des années un homme un peu moins haut en couleur, voire décevant. Mais l’exposition permet de revoir les images du casting, la lettre de motivation du jeune garçon et les notes du cinéaste après leur rencontre. Car le parcours proposé au visiteur est riche de lettres, de notes en tout genre. Cela va des mots d’absence à l’école de son ami Robert Lachenay aux lettres de Jean Genet, en passant par des photos de son service militaire avant sa désertion. Mais l’on passe assez vite sur l’enfance solitaire durant laquelle le jeune garçon, souvent délaissé par ses parents, s’évade grâce à la lecture, qui restera toujours très présente dans sa vie d’adulte. Ce sont les mots de Truffaut qui sont le plus mis en valeur ici. Qu’il s’agisse de ses lettres à des amis, de ses notes sur des films à venir, de ses critiques et de ses carnets, de ses brouillons, mais aussi des annotations de ses scénarios, l’homme est présenté comme un véritable graphomane. Son bureau est d’ailleurs reconstitué avec soin, non loin de nombreux télégrammes, extraits de films et photos. Le tout donne parfois une impression de « trop » malgré les différents aspects abordés : ses critiques féroces, son travail de cinéaste, la musique… Et, à vouloir ne rien rater, l’exposition donne parfois l’impression d’étouffer le visiteur.       Jusqu’au 25 janvier 2015. Cinémathèque française, Lundi, mercredi à samedi 12h-19h Dimanche 10h-20h Nocturne le jeudi jusqu’à 22h. Ouverture à 10h pendant les vacances scolaires....

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Petit art de la Fuite
Nov13

Petit art de la Fuite

Si lire est l’un des grands plaisirs de l’existence, découvrir de beaux livres nous entraine toujours dans des moments de bonheur inégalables. Et celui-ci est un véritable enchantement. Enrico Remmert est italien et ce Petit art de la fuite  est son troisième romain. Le turinois a en effet déjà été remarqué à la fin des années 1990 pour Rossennotti, qui a obtenu de nombreux prix. L’auteur a également étudié dans une école de « creative writing » et la fréquentation de ce genre d’ateliers aurait pu lui donner des réflexes, des tics. Pas du tout. L’écriture de Remmert est fluide et vive. Ce roman dégage d’ailleurs un dynamisme, une énergie incroyables. Chaque page est pleine de punch, de bruits et de couleurs. Vivante. Et le choix de donner la parole tour à tour à chacun des protagonistes, entre monologue et tutoiement, donne au texte une véritable légèreté. Dès le début, l’histoire est prometteuse. Trois copains qui vivent à Turin, à peine sortis du monde étudiant, partent ensemble jusqu’à Bari. L’un d’eux, violoncelliste, doit en effet  y jouer pendant quelques mois dans un orchestre.  Quant aux deux filles qui l’accompagnent, l’une d’elles les embarque dans « La Baronne », une vieille Fiat d’auto-école, tandis que l’autre ne sait plus où elle en est dans sa vie amoureuse. Cela pourrait paraître convenu mais, dès les premières pages, les situations cocasses, les événements loufoques, les quiproquos, les frayeurs et les grosses cuites s’enchainent.  Bref, très vite, le petit week-end calme devient un road-trip complètement déjanté.  Évidemment, rien ne se déroule comme prévu mais le lecteur est toujours surpris et amusé. Leur équipée, de jour comme de nuit, ne leur permet pas de repos ni de répit. Ils dorment parfois quelques heures au hasard des arrêts. Sans oublier les rencontres : un vieux sage, un restaurateur pressé ou encore un boucher pervers… Portrait tendre d’une jeunesse qui a grandi trop vite et se retrouve aux prises avec ses doutes, histoire de belles amitiés et de sentiments forts, ce livre touche au cœur et met de bonne humeur. Un seul regret : il se lit tellement bien qu’on le finit trop vite ! éd.10-18, 240...

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Projections Macabres
Nov03

Projections Macabres

Les personnages principaux manquent un peu d’épaisseur, et pourtant, ce n’est pas leur première enquête. Qu’il s’agisse du journaliste Louis Denfert, un peu immature, de sa fiancée, la jolie comédienne Camille, moralisatrice ou légère selon les nécessités, ça ne passe pas. Seul le boxeur et ancien soldat Emile, qui en fait des tonnes, prête à sourire, tout comme Albert le légiste.

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Ce nuage à coté de toi
Oct21

Ce nuage à coté de toi

Certes, « on te brûlerait vivant que tu douterais encore de ton existence », affirme l’un des amoureux. Mais la douceur affleure : « j’habite ce nuage à côté de toi », murmure l’une des deux voix. Un murmure que l’on a envie d’écouter, raconté sur une scène. En le respirant. Les yeux fermés.

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Ce Pays qu’on Abat
Sep14

Ce Pays qu’on Abat

Oui, les intégrismes religieux posent problème. Et oui, les parents qui ont appris aux enfants le « tout, tout de suite » sont responsables de ces attitudes capricieuses et ultra consuméristes qui provoquent de terribles faits divers. La liste est longue et peut sembler à certains un tissu de blabla démagogique.

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Crime d’honneur, Elif Shakfak
Juil15

Crime d’honneur, Elif Shakfak

Le dernier livre d’Elif Shafak, Crime d’honneur, sort en poche. Comme ses précédents ouvrages, il se lit d’une traite et avec délectation, tant le talent de conteuse de cette auteure est grand.     Il y a aujourd’hui l’immense masse de ceux qui croient être des écrivains : ils sont publiés mais n’ont rien à dire, à raconter, et leur langue est pauvre, leurs histoires ternes. Et il y a les autres, plus discrets, plus rares, mais qui nous emportent dans leur univers, nous captivent par leur magie. Elif Shafak est de ceux-là. Chacun de ses livres fait mouche, de La Bâtarde d’Istanbul à Lait noir en passant par Bonbon Palace. Ils nous parlent d’un monde qui semble être le nôtre et est pourtant si différent. Ils nous parlent d’amour, de peurs ancestrales et de coutumes rigides. Ils nous parlent de familles, de crimes et de désespoirs. Surtout, ils nous parlent des femmes et de leur place dans ce monde. Car Elif Shafak, qui vit aujourd’hui en Angleterre, est d’origine turque. Et les coutumes comme les croyances d’Orient sont la quintessence de ses livres. On y croise des djinns, des odeurs d’épices et de pain chaud, des couleurs, du grand soleil, des bruits de grande ville du sud. Et c’est là toute sa force : on s’y croirait. Mais, sous l’apparence tranquille du conte, il y a toujours la faille. Ici, dans Crime d’honneur, c’est une fois de plus l’histoire familiale qui est au cœur du livre, à travers plusieurs générations. Comme dans un journal, l’auteur mêle habilement les époques, avec des dates et des lieux en filigrane. Chaque personnage y vit avec les autres mais tisse son propre destin. Esma, jeune femme d’aujourd’hui qui vit à Londres, porte son histoire familiale et le malheur qui l’a entachée. Pour comprendre comment cela a pu arriver, elle va retracer avec précision, patience et tendresse la vie de ses ancêtres sur plusieurs générations. Désir de liberté, volonté d’émancipation, mais aussi obéissance ou acceptation paisible des traditions, ce récit met en lumière le parcours d’individus confrontés à un monde qu’ils refusent et qui les refuse aussi parfois. Avec subtilité, délicatesse et cette langue riche et dense qui n’appartient qu’à elle, la talentueuse Elif Shafak nous emporte encore une fois dans une histoire émouvante dont on a du mal à sortir.   Elif Shakfak, Crime d’honneur, éditions 10-18, 500 pages.  ...

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La femme qui décida de passer une année au lit
Mai15

La femme qui décida de passer une année au lit

À lire d’urgence, un petit bijou d’humour, de finesse et de sensibilité. La littérature anglo-saxonne est décidément toujours aussi surprenante. Il y a des livres qui vous accrochent rien qu’avec leur titre. Et celui-ci ne peut que retenir l’attention : La femme qui décida de passer une année au lit. Mais un titre n’est rien s’il n’y a pas d’histoire derrière. Et Sue Townsend ne nous déçoit pas. Cette Anglaise née en 1946 à Leicester avait déjà fait parler d’elle, pas seulement avec ses livres pour la jeunesse, mais aussi grâce à son style caustique, voire franchement drôle. La Reine et moi, un de ses ouvrages précédents, imaginait le déménagement de la famille royale en banlieue, excusez du peu. Tout simplement hilarant. Ici, c’est une histoire de tache de soupe sur un fauteuil qui déclenche tout. Eva, bientôt quinquagénaire, réalise soudain que sa vie lui échappe depuis bientôt vingt ans. Elle est une mère et une épouse modèle, certes, mais elle s’est surtout perdue de vue, ne sait plus ce qu’elle aime ni ce qu’elle veut, ce qu’elle attend de l’existence. Elle décide donc de se coucher et ne bouge plus de son lit. Les situations cocasses et loufoques vont alors s’enchaîner, de la famille perplexe aux enfants ingrats en passant par les admirateurs qui s’installent par centaines devant chez elle. Le mari et les voisins s’y mettent aussi. Bref, tout dérape, son geste est (mal) interprété et elle ne contrôle plus grand-chose. Critique acerbe et pertinente de notre monde dominé par les nouvelles technologies, observation juste d’une époque où les illuminés en mal de repères sont légion, cet ouvrage est un régal. Les cyniques semblent les plus forts, les opportunistes n’ont plus aucune morale, mais finalement, les perdants ne sont pas ceux qu’on croit. Fable folle, conte tendre et saugrenu, ce livre est aussi très émouvant. Beau, tout simplement. Marie Léon Sue Townsend 10-18- 470...

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Les Caramels fous, Pas de gondoles pour Denise
Juin14

Les Caramels fous, Pas de gondoles pour Denise

On les attendait, ils sont enfin revenus ! Après le drôlissime Madame Mouchabeurre, les Caramels fous sont de retour, avec Pas de gondole pour Denise. Dépêchez-vous, pour l’instant, ce n’est que jusqu’au 23 juin, au théâtre du Gymnase. Mais ils reviendront en septembre. Souvenez-vous, l’an dernier, vous aviez ri en assistant à un spectacle étonnant, décalé, loufoque et talentueux : Mme Mouchabeurre, librement inspiré de Mme Butterfly. Les responsables de ce moment d’hilarité ? Les Caramels fous, un groupe de garçons, tous bénévoles, drôles, talentueux, volontaires et dont la seule mission semble être de nous faire passer un bon moment. Mission accomplie avec leur dernière création, Pas de gondole pour Denise. Ici, pas d’histoire bien précise, mais une ambiance cabaret, des références musicales variées et un ton résolument politique. Au début, les Caramels avaient envisagé une suite à leur fable animalière Les Dindes galantes. Finalement, le créateur, Michel Heim, a opté pour une série de tableaux liés entre eux par un fil conducteur. Pourquoi ? « Parce qu’un spectacle composé de plusieurs tableaux est la forme la plus apte à mettre en valeur le plus grand nombre de Caramels fous ; la diversité des tableaux permet en effet de faire intervenir une multitude de personnages alors que dans une comédie musicale, le nombre de rôles solistes est nécessairement limité. » Michel Heim envisage alors un spectacle inspiré de La Ronde, d’Arthur Schnitzler, avec dix scènes reliées entre elles par un personnage commun. « Sur ce modèle, j’ai imaginé une série de rencontres entre hommes, dans différents lieux spécialisés dans ce genre de rencontres, chaque lieu faisant l’objet d’un tableau : les Tuileries, un bar du Marais, des toilettes publiques, Internet, un sauna, une discothèque… » Mais les Caramels trouvent l’idée trop exclusivement gay. Certes, la troupe ne renie pas sa composante homosexuelle mais veut aussi s’adresser à un public plus large. Qu’à cela ne tienne, l’idée des rencontres reste, pas seulement entre hommes et pas uniquement avec pour moteur le sexe. N’oublions pas que les rôles sont néanmoins tous tenus par des hommes et qu’il faut d’ailleurs saluer la performance d’un des comédiens, ébouriffant en femme d’affaires dans une sublime parodie de Britney Spears. Tout au long de la pièce, son talent, sa maîtrise de la danse, des gestes et de la voix, sont d’ailleurs époustouflants. Merci à lui aussi pour ce beau couplet sur les femmes voilées qui doivent se libérer du joug masculin. Le premier comme le dernier tableau se déroulent à l’aéroport d’Orly, endroit de passage, symbole de la modernité pressée. Avec un petit clin d’œil à Plouhermeur et leur pièce précédente sur le tableau d’affichage… De Lio à Britney, de Queen aux chansons populaires du répertoire français, en passant par une...

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