Au coeur de l’Océan

Moby Dick à l’heure de la 3D et des effets numériques? Ron Howard contre toute attente, tente autre chose que le spectacle épique pour un survival assez brutal et inattendu! Un accident industriel bienvenu!

Car Ron Howard c’est l’image idéal du faiseur d’Hollywood, doué et sympathique. Ses films valent ce que vaut le scénario. Il y a des ratés dans sa carrière (Horizons lointains) et des grands succès (Cocoon, Apollo 13). Il y a des nanars épatants (Da Vinci Code ou Willow) et quelques grands films qui s’ignorent (Portrait d’une famille modèle, Le Journal). Il touche à tous les genres avec un savoir faire qui ressemble à un grand classicisme!

Les premières images de Au Coeur de l’Océan donnait l’impression d’un film épique. Rush le précédent effort de Ron Howard montrait que le cinéaste avait retrouvé une vraie énergie visuelle. On pouvait donc s’attendre à un beau film avec du bruit et de la fureur. Et un vilain cachalot blanc qui veut faire la peau à quelques hommes un peu trop prétentieux!

Le film s’inspire des mésaventures de l’Essex, un bateau qui a réellement subi l’attaque d’un monstre des mers. Cette histoire fut le point de départ de Moby Dick d’Herman Melville. Ainsi le réalisateur de Backdraft peut présenter une autre histoire, en décalage avec la légendaire histoire du capitaine Achab et la baleine blanche.

Le monstre sera donc un élément du film. Il est certes le plus impressionnant et la valeur ajoutée du film réalisé en 3D. Certains plans sont simplement monstrueux. On devine la bête dans toute sa force et la 3D trouve une vraie fonction.

Mais ce n’est pas le sujet du film: Au coeur de l’Océan est un survival ultime. Au bout d’une heure sur les mers avec des personnages charismatiques et stéréotypés dans le bon sens du terme, Ron Howard dirige son film d’aventures vers un intime peu spectaculaire mais qui nous met sous très haute tension. Car l’histoire de l’Essex est effrayante mais on ne va pas vous gâcher les surprises que réservent ce gros budget qui traite de l’effroi et de la mort de manière frontale!

Ron Howard n’est pas un homme qui veut choquer: il ménage son spectateur avec un film techniquement parfait mais le destin des marins est funèbre. Mais présenté avec honnêteté. Bien entendu, il y a des défauts dans son film (des longueurs, des scènes explicatives et des méchants armateurs inutiles) mais à une époque où la production hollywoodienne est toute lisse, rasée de près par des super héros de plus en plus transparents), Au Coeur de l’Océan apparaît comme une accident industriel de la Warner, un film d’aventures comme on n’en fait plus, plus méchant que les apparences! Prenez le large avec ce funeste équipage. Le mal de mer est assuré pour les habitués de grosses productions sans saveur.

Avec Chris Wensworth, Benjamin Walker, Cillian Murphy et Brendan Gleeson – Warner Bros – 9 décembre 2015 – 2h02

Auteur: Le Z au Top

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