Arthur or the decline and fall of the british empire

Un an après le Tommy des Who, les albums concepts se multiplient. Eternels numéros trois de la période dorée de la pop, les Kinks en profitent pour sortir le plus discret des chefs d’œuvre.

Au début, Ray Davies, le leader des Kinks voulait réaliser une fiction, inspirée par le destin de son beau frère, parti d’Angleterre pour l’Australie. Il avait tout préparé et au tout dernier moment la production fut annulée par une télévision frileuse. Heureusement, Davies avait pensé d’abord à la musique du film.

« Arthur » sera donc un album concept un peu malgré lui. Un opéra rock entièrement à imaginer. Le disque sera en 1969 un album de pop complètement débridé. La musique, prévue avec des images, joue avec la surdramatisation.

« Arthur » est  un disque emphatique dans le fond. Davies en fait des tonnes et c’est tant mieux. Car le bonhomme et ses camarades ont toujours fait preuve d’humour. Bien plus que les Beatles. Ce sont un peu les clowns des années 60.

Mais ils ne sont pas les moins doués ! Victoria donne le ton d’un disque jubilatoire, tout en ironie et en mélodies imparables. Les morceaux sont plus rock que d’habitude et sont d’irrésistibles morceaux de bravoure. La promenade dans le commonwealth donne la fiêvre. Le choc thermique entre la brumeuse Grande Bretagne et la rocailleuse Australie est pourtant très agréable à ressentir.

Le disque se moque avec beaucoup d’humour de la nation réactionnaire, de son histoire et des institutions. En parlant de leur pays, les Kinks dénoncent la pensée unique (l’agressif Brainwashed), la dictature du bonheur (l’impressionnantAustralia), l’armée (le très culotté Mr Churchill says) et bien sûr toutes les bizarreries de la royale Angleterre.

« Arthur » serait une version musicale des Monty Python période Flying circus. C’est vif et « Arthur » fait une synthèse parfaite de la pop des années 60.

Les Stones et les Beatles sont responsables de biens des chefs d’œuvre. Mais il faut plutôt fouiller chez le second couteau, injustement ignoré pour trouver le concentré idéal.

essential records – 1969

Auteur: Pierre Loosdregt

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1 Comment

  1. j’aime beaucoup l’idée du Monty Python’s flying circus version musicale : je suis fan de cette série et ça n’est pas la première fois que je pense aux six humoristes quand j’écoute les Kinks .

    On retrouvait déjà cet humour dans la chanson All Of My Friends Were There , de leur précédent et génial album : The Village Green Preservation Society . Ou Ray Davies raconte ( Et c’est une histoire vécue par l’auteur je précise . ) une soirée embarrassante au pub ou il se produisait durant ses débuts de chanteur .

    Dans l’album Arthur c’est encore plus flagrant : l’humour est là de A à Z , dans la chanson Victoria , dans l’ironique Yes Sir No Sir , le baratin faussement sérieux de Mr.Churchill Says , dans Shangri-la ( ou Arthur troque ses cabinets au fond du jardin pour des toilettes intérieures , et voit pour cette raison en sa petite maison de banlieue londonienne un vrai paradis . ) la délirante chanson Australia et surtout le passage le plus drôle et mordant : She’s bought a hat like princess Marina , une critique de la société britannique sur fond absurde et une pique adressée à l’image du fameux Upper Class Twit avec laquelle les Monty Python aimaient bien s’amuser.

    Enfin bref on a souvent tendance à comparer les Monty Python aux Beatles , les Beatles étaient des artistes très doués et je les apprécie , mais je trouve que cette comparaison irait beaucoup mieux aux Kinks : Ils ont un coté so British et so Silly duquel ils se servaient avec brio . Tout ça avec une musique sublime ^^

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