Arlington Park

Un livre admirable sur les reculades de la condition féminine, dans une ville de province. Voilà ce que nous montre Rachel Cusk. Voilà un livre où le mot espoir n’a pas sa place.

En 2007, Rachel Cusk est une romancière anglaise de 40 ans dont le roman, Arlington Park, vient de sortir pour la rentrée littéraire. Ce roman, grace au bouche-à-oreille est dans les dix meilleures ventes de livres. On est un brin étonné qu’un roman à la structure à la fois linéaire et répétitive, connaisse un tel succès. Etonné et dubitatif, sans que cela remette en cause le réel talent de l’auteure.

Cela révèle que les lecteurs français sont sans doute friands de romans où le pessimisme se déploie avec intensité.

Nous attendrons l’année suivante et la publication de son roman suivant pour comprendre si Miss Cusk a réellement du talent ou bien si elle est surcôtée parce qu’elle dresse un tableau terrible des frustrations féminines dans un quartier résidentiel d’une ville de banlieue anglaise. Tableau dans lequel beaucoup de nos concitoyens et concitoyennes se retrouvent.

L’action du roman se situe durant une journée d’automne ou d’hiver, durant laquelle il pleut beaucoup. Le roman est composé de tableaux durant lesquels quelques femmes sont dépeintes dans leurs actions de la journée, dans leurs pensées mais aussi dans leur essence, une essence qui va de la frustration au desespoir.

A la fin du roman, quelques-unes des femmes que Rachel Cusk a dépeintes, se retrouvent pour un diner d’une affligeante médiocrité, qui est comme un miroir d’un diner dépeint dans les cinquantes premières pages. Les diners décrits par Rachel Cusk sont des moments où les maris de ces dames, apparaisent sous un jour gris. Soit ils tiennent des propos racistes, soit sexistes. Et puis le roman se termine.

Par paresse intellectuelle, les médias français ont apparenté Arlington Park à Desperate housewives. Cela n’a rien à voir. Arlington Park se situe du côté de la tragédie humaine, d’une description anthropologique de l’humaine condition.

En fait, il pourait s’agir d’un livre admirable. Le bémol qu’on oppose à une telle réussite, est le suivant : à la lecture, passé le premier intérêt de la découverte, le livre vous tombe des mains parce que les personnages ressassent leurs frustrations. Il est difficile d’être passionné par des personnages qui s’enlisent dans les sables mouvants.

On aurait envie de demander naïvement à l’auteure, s’il n’y a pas un coin de ciel bleu dans ce qu’elle décrit. Eh bien non, tout est gris. Vous qui lisez ce livre, perdez tout espoir.

Points – 263 pages

Auteur: Philippe Sendek

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