Apprenti Gigolo

Woody Allen sort-il un nouveau film sans que l’on nous ait prévenus ? C’est ce que l’on pense au début de la bande-annonce de Apprenti Gigolo jusqu’à voir que le film est signé John Turturro.

C’est-à-dire que le roi de la comédie intello juive new-yorkaise, a toujours été rare dans les réalisations des autres. Et puis, heureusement, finalement, que ce n’est pas lui derrière Apprenti Gigolo. Blue Jasmine était un si grand film, toute filmographie confondue, que le risque de voir un Allen décevant était élevé. D’autant plus que récemment, l’auteur avait fait preuve d’une grande inégalité. Bref, de toute façon, cette comédie new-yorkaise-là est de Turturro. Pseudo comédie new-yorkaise. Car si l’ombre de Allen plane, et si John Turturro est un acteur caméléon immense, le film est incroyablement raté.

C’est donc l’histoire de deux vieux amis fauchés. Fioravante (John Turturro), est fleuriste et Murray (Woody Allen), plus âgé, libraire. Pour régler leur problèmes financiers, le second propose de devenir le mac du premier, qui devient donc gigolo, pour le plus grand plaisir de femmes cinquantenaires esseulées.

Le film commence sur les chapeaux de roues puisque dès la première scène, l’intrigue est lancée. Ah bon ? Il y a une intrigue dans Apprenti Gigolo ? Problème de taille. Le scénario est mal écrit. Les contours des personnages, sans consistance, et leurs motivations sont si peu clairs que leurs

interactions n’ont absolument aucun sens. Les rôles secondaires y sont ridicules et caricaturaux. Rien n’est crédible, rien ne fait sens. L’ensemble est creux et superficiel. Tout tombe à l’eau. D’abord les dialogues. Certains échanges sont drôles, grâce à Woody Allen – toujours aussi énergique malgré ses presque 80 ans –, qui cela dit, fait juste du Woody Allen. Mais l’enchainement des scènes et le montage manquent tant de fluidité que les dialogues aussi cocasses soient-ils n’ont aucune profondeur.

Manque de solidité aussi dans la réalisation, très désordonnée. Les images ne semblent pas travaillées. Pour pallier au problème de rythme et ne sachant pas comment montrer un New-York jazzy autrement, l’acteur-réalisateur plombe son film de musique. De toute façon, toute tentative de sauver la narration serait vaine.

John Turturro essaye de porter un regard sur la religion, sur les communautés en Amérique du Nord, sur New York et sur le cinéma qui l’a fait, celui de Spike Lee par exemple. Mais les faiblesses du scénario et de la réalisation rendent le message inexistant. Apprenti Gigolo est fastidieux. Et on voudrait le dire dans un râle long et douloureux. Oui, c’est difficile de dire du mal d’un film dans lequel est autant impliqué John Turturro.

De John Turturro
Avec John Turturro, Woody Allen, Sharon Stone et Vanessa Paradis – Arp – 9 avril 2014 – 1h30

Auteur: Thomas Laborde

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