Pop

All things must pass

« Sunrise doesn’t last all morning …A cloudburst doesn’t last all day ; Seems my love is up and has left you with no warning..,But it’s not always been that grey. And all things must pass, all things must pass away »

Après la pluie le beau temps…et après le beau temps la pluie…et après…plus rien.

La (magnifique) chanson-titre annonçait déjà la couleur, en décembre 1970, lorsqu’est sorti « All things must pass », triple premier album solo de George Harrison, enregistré dans la foulée de la séparation des Beatles . Epopée Beatles au cours de laquelle le cadet du groupe avait toujours eu du mal à placer ses propres compositions, étouffé qu’il était par le très prolifique couple Lennon/McCartney.

Alors là, en 1970, libéré, il peut enfin se lâcher : il réunit en studio d’excellents musiciens amis (Eric Clapton, Ringo Starr, Klaus Voormann, Badfinger…) ainsi que le producteur Phil Spector et sort en 3 disques (réduits à un coffret de 2 CD dans la présente réédition) le fruit de ses frustrations passées, qui mijote à feu doux dans sa guitare depuis quelques années.

Mettons tout de suite de côté l’interminable séance d’improvisation (jam) qui clôture le débat, sur tempo blues : 5 morceaux/30 minutes tout à fait dispensables . Et conservons tout le reste : une vingtaine de chansons magnifiques (dont une douzaine de classiques) attachantes, interprêtées avec cœur et sincérité. Un monument de la musique pop-folk-rock, d’une finesse mélodique et d’une sensibilité qui ressortent encore plus dans cette dernière version. Retravaillée peu avant sa disparition (en novembre 2001) par Harrison – qui y a ajouté quelques « extras » (dont une jolie reprise de « My sweet Lord » et quelques démos)- elle est surtout expurgée d’une bonne partie des arrangements « pompiers » chers à Phil Spector (qui avait déjà réussi à saccager une bonne partie de l’album « GetBack » des Beatles par ses orchestrations indigestes) .

La pochette d’origine a elle aussi été retravaillée ; on retrouve George sur son tabouret avec sa barbe, ses bottes et ses nains de jardin, mais colorisé et avec un arrière plan qui évolue : d’abord juste la forêt et le ciel pour la couverture, puis quelques cheminées (centrales nucléaires ?) fumantes et quelques immeubles apparaîssent pour le CD1, un pont autoroutier et des tours pour le CD2 et enfin un urbanisme envahissant (vous noterez l’avion dans le coin supérieur gauche …) pour le livret. Et George, devant, imperturbable, avec sa barbe, ses bottes et ses nains de jardin . Comme s’il attendait calmement l’apocalypse.

C’est sûr maintenant : George Harrison ne fera pas mieux que « All things must pass ». Son chef d’oeuvre est encore plus touchant aujourd’hui, qu’il nous le chante depuis les étoiles.

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