"Zuma" c’est d’abord une pochette hallucinée avec ce dessin qui aurait pu être fait sur un coin de table lors d’une soirée bien arrosée. Un grand aigle avec un air colérique soulève une femme nue au dessus d’une pyramide et de quelques cactus dont un particulièrement vulgaire.
Au loin on devine un bateau qui fera écho à la chanson phare du disque, Cortez the Killer (interdit à l'époque en Espagne). Un titre qui navigue sur une intro légendaire dans l'univers du Canadien comme un gros paquebot chargé d'émotions et d'americana.
Pourtant cette pochette représente bien le fouillis énergique qui va secouer les compositions du Loner! Après des disques plutôt tristes dont le mythique "Tonight's the night", Young retrouve le Crazy Horse pour une claque électrique qui réveille le chanteur.
Toujours obsédé par le passé et la mort de son complice Danny Whitten, Young affronte un blues gloomy mais jamais endormi. Il provoque un septième album énergique, surpuissant au niveau sonore, et enivrant grâce à la lancinance des deux longs morceaux du disque, pourtant assez court (36 minutes).
ll invite aussi ses vieux camarades de route comme Crosby Stills & Nash pour se souvenir du temps où il était facile pour eux de se réunir et composer des petites merveilles. Through my sails conclue un disque protéiforme qui nous souffle par son son déluge d'idées et de talents.
En tout cas on a bien l’impression d’être à un croisement idéal de tout ce qui fait Neil Young : chansons apaisées, furia électrique, entre tradition, réflexion et originalité et impulsion.