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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Ze (re) Tour 2007

Ze (re) Tour 2007

Michel POLNAREFF

2 DVD (Polydor - 2007)

Et ta critique ?




Le meilleur mélodiste de sa génération se caricature en concert. Résultat : sans saveur.

En mars 2007, Michel Polnareff a fait son grand retour sur une scène française, après trente ans d’absence. Les dvd qui sont sortis en décembre, immortalisent l’événement dont l’importance est sans doute intergalactique. Un DVD propose une heure cinquante de concert et l’autre une demi-heure consacrée aux coulisses de la prouesse.

Le concert ne donne pas dans l’intimité. Il s’agit plutôt selon un fantasme à l’américaine, d’en « mettre plein la vue ». Le Michel Polnareff qui se présente devant « son » public, n’est pas le brillant musicien à la voix parfois très haut perchée que nous connaissions. Non, celui qui nous fait un show, est une icône appartenant à la culture populaire.

Polnareff étant le metteur en scène de son spectacle, nous nous posons, au bout d’un moment, la question : que veut-il nous montrer ? Un être inoxydable aux muscles bandés et à la voix d’airain ? Un génie précurseur enfin reconnu ?

Que voyons-nous ? Un homme de 63 ans vêtu de cuir noir et d’une chemise blanche à décolleté qui ferait pâlir d’envie BHL. Le pantalon de cuir noir étant particulièrement moule-burnes. Ses cheveux bouclés blancs-blonds encadrent un visage empâté. Souvent, quand il chante, il se tient les jambes écartées comme s’il s’apprêtait à monter à cheval.

Et sa voix ? Elle est toujours là, même si elle donne des signes de fragilité. Est-ce au nom de cette fragilité, que Polnareff fait tant participer le public ou les choristes de son groupe ? D’où l’impression ultime que sa voix a perdu de son volume et qu’il a intérêt à la ménager.

L’idole est entouré par un de ces groupes de requins, musiciens de studio, capable de délivrer à la truelle une ambiance californienne teintée d’une pointe de jazz. Le seul moment un peu touchant du spectacle est le passage du chanteur derrière son piano.

Mais cela même est gâché par ses adresses répétées et un poil péripatéticiennes à ses admirateurs (du genre : nous avons 17 000 choristes dans la salle, ce soir). Un chanteur qui passe son temps à flatter son public dans le sens du poil (vous êtes géniaux, vous êtes les meilleurs), c’est comme un politicien qui nous accompagnerait dans le secret de l’isoloir pour être sur que l’on vote pour lui…. Limite agaçant.

L’auto-mise en scène de Polnareff ressemble au cauchemar laid d’un virtuose de la mélodie qui se vendrait à vil prix pour ressembler à un Freddie Mercury gonflé aux hormones. Certes, celui qui était jadis un vilain petit canard, a su se métamorphoser. Et cela déjà est remarquable. Mais on ne demande pas à Mozart d’avoir les tablettes de chocolat de Stallone.

Un mot sur les bonus : ce documentaire d’une demi-heure qui survole la tournée de Polnareff, tourné par un sous-Lelouch, dopé aux petits riens de la vie qui sont merveilleux, quand on y repense. On y voit les musiciens en répétition à Limoges, manger de l’osso bucco de dinde. Et on assiste à la première représentation de Polnareff à Bercy, avec un parterre de vedettes qui nous embarquent dans une ambiance entre le meeting UMP et la croisière du troisième âge (on y croise Line Renaud, Belmondo, Madame Chirac, Mireille Mathieu, Garou, Lorie, Michel Drucker…)

Dans ces bonus, on découvre un Michel Polnareff cool et sympa, humble et décontracté. Dommage qu’on ne l’ait pas vu auparavant.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 04/01/2008