Zombie Aporia expérimente sur scène le concept de collision dans toutes ses formes.
Dans Zombie Aporia : le discours théorique et le mouvement se mélangent, les contaminations artistiques se déploient incessamment, sur un fond d’ironie et de mise en question permanents.
Le titre expose d’emblée l’intention théorique des trois jeunes danseurs sur scène : mettre à l’épreuve une contradiction logique, des références tout à fait opposées, apparemment dépourvues de liens.
Les corps, l’ordinateur, l’image filmée (l’enregistrement et le direct), le texte, tout est soumis à l’expérience de l’ordre et du chaos, de la réflexion et de l’explosion déchaînée.
Les références artistiques des huit parties dont se compose la chorégraphie sont multiples et tirées tout particulièrement de la création anglo-saxonne des années 60-80 : Sex Pistols pour la musique, Bruce Nauman pour les arts visuels, John Ashbery pour la poésie.
Chaque fois, l’aspect théorique de ces citations est mis à l’épreuve de la lecture ou du chant, du mouvement, du geste, de la répétition et des interruptions soudaines.
Le trouble des mots entre en collision avec celui des corps. Tout est expérimenté, bouleversé et mis en question : la chorégraphie constitue finalement un doute global sur ce que l’on peut prendre du passé, retravailler, essayer aujourd’hui, proposer, dire et faire voir dans le présent.
Comme le souligne Elisabeth Lebovici dans son blog, la chorégraphie de Daniel Linehan met en scène l’hésitation, les tâtonnements de la création contemporaine.
Une tentative magistrale : le spectateur en sort hésitant et dubitatif, exactement comme la pièce l’impose.
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Gloria Morano
© Etat-critique.com - 07/11/2011