Si le groupe continue de cartonner dans l’hémisphère sud, Silverchair n’a laissé ici qu’un vague souvenir dans les années grunge. Groupe adolescent rappelant Nirvana, la réputation est peu glorieuse. L’album Young Modern prouve les vertus de la maturité.
Il y a cinq ans, la presse s’est extasiée sur Diorama, disque des australiens de Silverchair. Même Télérama est devenu fou pour ce disque au rock lyrique, assez démentiel de la part d’un trio pubère.
Du moins, c’est à cela que l’on pense quand on entend Silverchair. Des clones mignons de Kurt Cobain et sa bande d’affreux chevelus. Pourtant on a pris de haut ces jeunes stars. L’album Diorama était un vrai délire musical où Daniel Johns et ses deux amis faisaient preuve d’une grande originalité, ressuscitant le rock circus avec l’aide du mélodiste Van Dyke Parks.
Cinq ans plus tard, les revoilà avec un nouvel opus qui affirme le lyrisme assumé par le groupe. Fini le gros son et le métal FM. Daniel Johns travaille ses arrangements. La production est soignée. Des violons encerclent et pénètrent les compositions. Tout ce que le groupe perd en brutalité, il le gagne en héroïsme.
Bien entendu certains vont être scandalisés par l’énormité mais sur certains morceaux, on se croirait en présence de Queen dans ces fresques sonores exubérantes. Bien entendu, la puissance vocale n’est pas la même mais Silverchair a le mérite de choisir la difficulté pour atteindre à quelques moments l’exploit.
Le groupe s’est trouvé une identité, très loin des normes actuelles (le disque se trouve en import) et se laisse aller à des extravagances, parfois grossières mais franchement étonnantes. Moins travaillé que Diorama, Young modern amuse avec ses chansons yoyo, toujours en rupture avec la précédente. C’est un disque de clowns, peut être tristes, mais à l’énergie convaincante, qui nous fait oublier la grossièreté du maquillage musical.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 22/09/2007