« Moi, Itamar Yaacobi, quarante ans, déclare par la présente avoir soudain pris conscience que si je suis venu au monde, c'est pour vivre ! »
Le temps s’écoule paisiblement pour Itamar Yaacobi et David Leidental, deux amis qui passent leurs soirées à jouer aux dominos et à boire du thé. Mais Yaacobi veut vivre !
Yaacobi veut vivre et enfin être heureux ; il se convainc qu’il doit pour cela se débarrasser de son ami et le voir malheureux.
« Jamais, jamais, je ne te pardonnerai d’être heureux ».
La rupture consommée, Yaacobi se jette dans les bras de la femme idéale: Ruth. Ruth est dotée de dons artistiques, d’un esprit vif, et surtout d’un gros popotin et d’une grosse paire de seins !
Yaccobi est tellement épris qu’il s’écrit : « J’ai trouvé celle qui pleurera derrière mon cercueil. Oh comme je suis impatient : si je pouvais me marier et mourir une heure après ! ». Mais Leidental s’accroche. Il s’ennuie tellement dans la solitude de son appartement qu’il va littéralement s’incruster dans le couple en s’offrant lui-même comme cadeau de mariage !
Ce n’est pas tâche aisée que d’expliquer pourquoi un spectacle est drôle. Tout ce que je peux dire, c’est que Yaacobi et Leidental (sans oublier la désopilante Ruth) ont fait rire la salle aux éclats du début à la fin de la représentation.
La pièce est indéniablement bien écrite, avec une description décalée et drôle du trio amoureux et avec des réponses furieusement drôles à la question de savoir ce qu’on va faire de sa vie :
« Et si je me faisais hospitaliser dans un état grave et me décidais enfin à mourir ? »
La mise-en-scène est énergique et très agréable : il y a toujours un gag simple mais efficace qui traîne en arrière-plan et qui provoque le rire des spectateurs. Les chansons qui jalonnent la pièce sont aussi nombreuses que comiques (et je vous assure que je ne suis pas fan inconditionnel des comédies musicales !). Et pour couronner le tout, les trois comédiens sont excellents et fonctionnent parfaitement bien ensemble. Leur jeu est fluide et drôle au possible, avec une complicité visible et entraînante.
A défaut de savoir si la vie vaut d’être vécue, l’on peut assurer sans risque que cette pièce mérite d’être vue !
http://www.theatredurondpoint.fr/saison/fiche_spectacle.cfm/75411-yaacobi-et-leidental.html
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 25/01/2010