Le retour le plus improbable de l'année! Mulder et Scully reviennent une seconde fois sur le grand écran et se demandent si la vérité est ailleurs. La qualité est elle aussi ailleurs?
Dans les années 90, X files était la série phare qui a donné un véritable élan aux séries américaines. Chris Carter, surfeur et producteur, avait développé un univers angoissant, se servant de toutes les mythologies populaires, de l'horreur à la science fiction.
On se souvient avec émotion de la fameuse théorie du complot entre un gouvernement secret et des aliens assez belliqueux, défedu par l'idéaliste Milder et réfutée par sa complice, la cartésienne Scully. Mais la série fut rattrapée par la réalité.
Le 11 septembre est passé par là et depuis, nous vivons tous dans une psychose, nourri par Bush, Chesney et les autres faucons américains. Cela complote désormais dans tous les sens. Le vrai et le faux se mélangent et les inventions de Carter n'étaient qu'un décalage amusant de cette triste évidence.
Le téléaste régle d'ailleurs ses comptes avec le président Bush en un seul plan. Assez irrésistible. Un pur bijou d'ironie. D'ailleurs ce nouveau film affiche un sacré recul avec la série.
Les monstres et les extra-terrestres ne sont plus les bienvenus. Scully est redevenue médecin, confrontée à la souffrance des plus faibles. Mulder, lui, n'est plus qu'un fou barbu qui découpe les faits divers dans le journal.
Les héros sont fatigués. Cependant une enquête sur la mystérieuse disparition d'une agent du FBI réveille les vieilles et dangereuses habitudes du couple de détectives.
D'un vieux prêtre pédophile illuminé à des russes adeptes de la greffe illégale, Mulder et Scully font des rencontres tout aussi inquiétantes qu'avant. Cependant Carter réinvente ses personnages en les plaçant dans un univers beaucoup moins fantasmé qu'auparavant.
Ce n'est pas non plus une oeuvre réaliste. Mais on est plus proche du polar (on pense aux abracadabrants romans de Maxime Chattam) que du film fantastique. Les rapports entre les deux agents sont plus crus et plus touchants.
Carter prend visiblement un plaisir à faire revivre sous un nouveau regard les deux agents. Il en oublie presque son histoire et abandonne trop souvent le spectateur pour développer le thème de la croyance.
I want to believe dit le titre en anglais. nous aussi, on aurait aimé croire! On garde cependant la Foi ou plutôt un souvenir ému pour ce couple de toute façon légendaire.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 31/07/2008