Le Théâtre Permanent, La Compagnie Gwenaël Morin et les Laboratoires d’Aubervilliers proposent une puissante mise en scène du chef d’œuvre inachevé de l’écrivain allemand militant Georg Büchner.
Le vide, le silence et la mort. Le tourment démesuré du soldat Woyzeck surgit dans toute son intensité désespérée à travers le jeu de Grégoire Monsaingeon et de la mise en espace de ses mouvements ; la circulation des dialogues et des gestualités parmi les différents personnages renforce cette impression.
On est face à une représentation frappante des conséquences psychiques qu'entraînent la misère sociale, les besoins et les désirs de la chair de ceux qui n’ont que leur corps à offrir à la science, à soumettre aux rapports de force pour survivre. Une misère sociale qui mène inévitablement au crime insensé.
Une scène au décor minimaliste se remplit de la présence constante des six comédiens. En dépit d'une lenteur initiale à comprendre l'enjeu du spectacle, le public se trouve bientôt entraîné par les dialogues et les actions dans le souffle d'énergie et de cri de ce qui lui est offert.
Entre désespoir, ironie et sentiments incontrôlables, le jeu des comédiens fait revivre magistralement la pièce essentielle de Büchner qui nous questionne sur le sens de la vie, de la violence, du pouvoir et de la liberté. D’une volonté de liberté à jamais inaccessible pour ceux qui vivent dans la pauvreté.
http://www.theatre-bastille.com/
Flavia Ruani et Gloria Morano
© Etat-critique.com - 16/03/2010