RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Worst favourite nightmare

Worst favourite nightmare

... ARCTIC MONKEYS...

(Pias - 2007)

Et ta critique ?




Deuxième album des petits génies de Sheffield. Un an après l’historique Whatever people say I am, that's what I'm not, ils reviennent encore plus fort, plus mûr et plus malin.


Rappelez-vous, c’était il y a à peine plus d’un an. Février 2006. Dopé par un un bouche-à-oreille qui devait autant à MySpace qu’à leurs innombrables prestations de moins en moins confidentielles, le premier album des Arctic Monkeys s’arrachait en Grande-Bretagne à 100 000 exemplaires le premier jour, 360 000 à la fin de la semaine pour atteindre les trois millions dans le monde !

Depuis ce raz-de-marée, ils ont pris un an d’expérience (pas inutile pour des gamins qui n’avaient pas tous 20 ans au moment du big bang), viré leur bassiste pour en choisir un meilleur, aligné les concerts sur les cinq continents, répondu (laconiquement) à quelques millions d’interviews… et enregistré un deuxième album.

"On a beaucoup composé dans le bus pendant les tournées", explique Alex Turner, la tête pensante et plume acérée du groupe. "Dès que le premier album a été terminé, avant même qu’il sorte, j’écrivais déjà. C’est naturel pour nous d’enchaîner, de saisir le moment."

C’est dans le quartier de Shoreditch, à Londres, que le quatuor a gravé Worst favourite nightmare sous la direction de James Ford, ex-Simian et à qui l’on doit, notamment, la production du décoiffant Myths of the near future des Klaxons.

Tout en conservant la "Arctic Monkeys touch" (voix de tête et diction speedée de Turner, guitares aigres et surexcitées, rythmique ravageuse, mélodies pop enlevées), les gamins ont donc relevé le défi de la maturité naissante. Texte moins nombrilistes mais toujours aussi acerbes et pertinents, arrangements moins basiques, batterie plus musclée (au point que Matt Helders a dû se mettre à la boxe afin de développer les muscles requis pour être, sur scène, à la hauteur de l’enregistrement studio), mais surtout compositions plus complexes, plus ambitieuses.

Plus long en bouche que Whatever people say I am, that's what I'm not, Worst favourite nightmare démarre sans préliminaires inutiles avec un tonitruant Brianstorm qui, avec D is for dangerous et Baclava constituent les moments "musclés" de ce millésime. Mais les grands moments de l’album sont ailleurs, sur des titres plus élaborés et emblématiques de l’évolution du quatuor : Teddy picker, Fluorescentadolescent ou Do me a favour.

Ajoutez à l’ensemble deux titres aussi émouvants que Only ones who know ou 505 (un pur chef d’œuvre) et vous avez le résultat inespéré (trop d’espoirs déçus ces dernières années) et pas frimeur pour deux ronds, de quatre petits gars qui refusent obstinément de se prendre au sérieux tout en nous balançant, comme si de rien n’était, des chansons de classe mondiale.

Et prolifiques avec ça ! Alex Turner revendique d’ores et déjà une petite dizaine de nouveaux titres prêts à passer à la postérité. Le seul bémol réside dans ses déclarations récentes sur l’avenir du groupe : "Je continuerai à faire de la musique, mais pas forcément avec Arctic Monkeys. Je ne nous imagine pas à 60 ans. Nous avons encore un autre album à sortir après celui-ci, ça c'est sûr. Mais après, qui sait ?"


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 09/06/2007