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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 World Wide Rebel Songs

World Wide Rebel Songs

Tom MORELLO: THE NIGHTWATCHMAN

(New West Records - 2011)

Et ta critique ?




Quand le guitariste de Rage Against the Machine se prend pour Bob Dylan... Bizarre vous avez dit bizarre !


Tom Morello restera comme le guitariste virtuose de Rage Against the Machine. A lui, nous devons quelques uns des riffs les plus combattifs de l'histoire du rock. Avec ses camarades, il a défendu un rock corrosif, agressif et spectaculaire.

La fusion doit beaucoup à Morello et ses acrobaties urbaines et électriques. Au carrefour des genres, sa guitare s'est déchirée entre le metal et le hip hop. Après l'aventure RATM, le musicien a continué de se promener dans des genres très différents.

Avec Chris Cornell de Soundgarden, il a tenté un rock plus confortable et héroïque avec le groupe Audioslave. On le découvre maintenant troubadour folk. Tom Morello se transforme sur un nouveau disque en folkeux engagé, à la manière de Bob Dylan. Bientôt Rammstein reprendra des titres de Joan Baez !

Accroché à sa conscience politique très marqué à gauche, Tom Morello a voulu rendre hommage à ces ritournelles que l'on entend dans les conflits et les révoltes. Ce sont dans les chansons que s'exprime le plus librement le peuple!

De ce constat, il pousse donc la chansonnette. La voix n'est pas désagréable mais elle n'est pas toujours sûre. Les amateurs de gros sons vont vite déchanter (à l'exception du latino Union Town). C'est très souvent acoustique et les paroles prennent le pas sur la forme.

Quand il est aidé par Ben Harper cela donne un très beau moment (Save the hammer for the man). Quand il se trompe d'imitation et qu'il se prend pour un Irlandais ou Tom Waits, on est tout à fait d'accord pour trinquer avec lui et son idée de lutte finale (Speak & make lightning, Facing mount Kenya).

Autrement on regrette que le furieux guitariste se déguise en gentil rebelle, heureux de gratouiller autour du feu de camp. Rien n'est désagréable dans son album. Rien n'est percutant. Son activisme musical donne une vilaine impression de déjà vu ou plutôt déjà entendu.

Dylan is Dylan et Morello n'est plus vraiment le Morello qu'on connaissait !




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 05/10/2011