Wooden Arms confirme l'énorme talent onirique de Patrick Watson. Un évasion réussie qui devrait séduire les plus rêveurs d'entre nous.
Wooden arms est magique. Sans crier au génie, force est de constater que Patrick Watson a le don de vous faire décoller d'ici-bas en un temps record.
Les sonorités inhabituelles sont d'une redoutable effcicacité. Certes il n'est pas le seul à utiliser la recette. Dans le même courant, Sigur Ros ou Tom Waits s'en donnent à coeur joie, mais encore faut-il le faire avec talent, orchestrer par touches au bon moment et c'est le ças ici. Le mix est exemplaire.
Les voix lointaines derrière les tintements de "Tracy's Waters" sont mêlées aux cordes pour de jolies envolées lyriques. Si ce n'était que recette, tout cela s'évaporerait par la suite ou nous lasserait rapidement.
Or dès le "Beiging", les percussions et le piano sont là pour prouvés que le talent est authentique. 4 minutes de bonheur. Le son est particulièrement travaillé et offre des partitions mélodiques différentes.
Quand la voix passe devant les effets ("Wooden arms"), les mots sont susurrées du fond de la gorge pour suggérer plus que pour concaincre. Une fragilité travaillée pour laisser le temps de s'évader. Dans ces espaces les parties instrumentales ont le temps de vagabonder gentiment et notre esprit avec.
Rock, l'album ne l'est pas, alors si vous vous attendez à du mouvement, vous passerez à côté de l'album et le trouverez soporifique. Planant, il l'est à coup sûr. Les nappes vocales sont là pour en témoigner comme les voix de tête dans l'aigu. Une pop intimiste qui vous emporte et ne vous lâche plus.
Wooden arms est magique parce qu'il vous emmène dans son temps, une quatrième dimension sonore où le temps se fissure pour que votre pensée s'en saisisse. Une jolie partition de silence et de pause. A méditer. On croit rêver.
Patrick Watson : Wooden Arms
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 20/06/2009