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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Woman's land

Woman's land

Stefano DI BATTISTA

(Discograph-2011)

Et ta critique ?




Stefano di Battista rend hommage aux femmes du vingtième siècle. Un monde au saxophone à la portée de toutes les ouïes.


L’album est tout simplement beau, musical. La structure assez classique avec alternance de chorus des différents instruments permet à chaque morceau de prendre son envol et de trouver sa place avec légèreté entre impros et mélodies.

Stefano rend ainsi hommage à Molly Bloom, célèbre pour son monologue intérieur dans l’Ulysse de Joyce, à Valentina Tereskova, première femme cosmonaute, Coco Chanel, Ella, ou encore Lara croft, la première sex-symbol archéologue des jeux-vidéos ! La liste des titres fait sourire et évoque dans la tête du lecteur désir, musique, jeu, chanson, cinéma. Alors quand l’écoute débute et que l’on crée une correspondance entre le titre et la mélodie on reste souvent séduit par le style choisit qui s’impose dans les quelques secondes d’introduction. La référence amuse.

Les émotions visées sont très variées. L’intro de Valentina Tereskova place l’héroïne en quasi James Bond girl avec un style musical assez easy-listening qui fera sourire l’auditeur. La grille détournée du be-bop sur Coco Chanel montre que Stefano a de l’humour. L’hommage à Ella est une prouesse qui démontre toute la virtuosité du maître, alors que le morceau dédié à Joséphine Baker est étonnamment mélancolique, piano à l’appui. Celui inspiré par Lara Croft créé une jolie surprise avec un vrai phrasé de jazz. Les morceaux intègrent parfois des paroles en italien donnant à l’ensemble une chaleur et une proximité.

L’ensemble est de grande qualité et généreux. On salue la volonté de Stefano d’ouvrir le monde du jazz à des oreilles moins expertes ou férules de jazz abstrait. En alliant mélodie et exigence musicale, Stefano réussit le pari de produire un album de jazz d’une belle couleur. L’album s’écoute en boucle et avec un réel plaisir. Pas grand chose à ajouter, l'évidence s'impose, di Battista est une grande pointure qui sait jouer de la simplicité comme de la complexité. Probablement la marque des plus grands, de ceux qui savent passer d'un style à l'autre sans se cloîtrer obstinément dans une chapelle. Un intuitif qui travaille sur l'universalité avec comme seul guide, une valeur sûre : le plaisir. Et ça marche !



Sébastien Mounié

© Etat-critique.com - 10/06/2011