Un album sous-estimé de Paul McCartney et des Wings qui recèle pourtant son lot de chansons réussies… mais aussi quelques faiblesses bien pardonnables.
Encore un album que l’on pourrait qualifier de bien étrange dans la carrière de McCartney. A la fois si prévisible par ses quelques écarts de mauvais goût, mais qui comporte aussi, comme souvent chez cet auteur marqué par le génie pop, son lot de standards irréprochables et de chansons magiques injustement méconnues du grand public.
A sa sortie, l’album coïncidait avec le lancement d’une longue tournée mondiale des Wings, qui fut un triomphe autant artistique que populaire. Le double CD live "Wings over America", témoigne de ces concerts exceptionnels donnés par un McCartney en grande forme vocale et accompagné de la meilleure formation des Wings. Aussi, on ne sera pas étonné de retrouver dans "Wings at the speed of sound" des morceaux taillés pour la scène comme les excellents Beware my love et Silly love songs et sa ligne de basse imparable.
Comme au bon vieux temps des Beatles (6 ans seulement séparent ce 7e album post-Beatles de "Let it be"...) tout comme dans un souci de démocratie, on peut entendre l’ensemble du groupe s’égosiller sur quelques plages du disque. L’intérêt musical évolue évidemment suivant que les morceaux sont composés ou non par McCartney. Ainsi, on se lasse assez rapidement de Time to hide, morceau un brin poussif chanté d’une façon assez grossière par Denny Laine. Peu représentatif tout de même de l’ex Moody Blues, mélodiste parfois inspiré, qui su trouver sous l’aile protectrice de McCartney, la formation idéale pour dévoiler au public tout son talent. Et ce, contrairement à l’idée saugrenue véhiculée par le pseudo-cinquième-Beatles François Jouffa, d’un Denny Laine vidé de sa substance créatrice suite à l’aventure Wings. Par contre Must do something about it, composée par McCartney mais chantée par Joe English (de loin le meilleur batteur de toutes les formations Wings), s’inscrit aisément dans les esprits avec sa mélodie charmante.
Au rayon des "classiques" inconnus citons les magnifiques ballades San Ferry Anne et Warm and beautiful que McCartney serait bien inspiré de reprendre aujourd’hui sur scène. De même, She’s my baby possède ce charme si particulier propre aux compositions du génial mélodiste. Mais la chanson absolue est bien Let’em in qui transporte l’auditeur dès le premier accord de piano.
De quoi faire largement oublier l’abominable Cook of the house, chantée par Linda, et qui constitue de loin la plus grosse niaiserie qu’ait jamais publié McCartney.
Les bonus de l’édition de 1993 nous offrent quelques curiosités comme le sympathique instrumental Walking in the park with Eloïse composé par le père de Paul, et surtout Sally G, charmante ritournelle parfumée de country rescapée des sessions de 1974.