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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Wilderness

Wilderness

Michael J.BASSETT

Avec Alex Reid, Toby Kebbell, Sean Pertwee et Luke Neel - La fabrique de films - 14 mars 2007 - 1h32

Et ta critique ?




Dog(s) soldiers ! Un petit groupe de délinquants affrontent une horde de chiens sous le contrôle d’un psychopathe. Sur une trame limite débile, Michael J.Bassett confirme la bonne forme de la série B britannique.

Franchement, il y a de quoi jalouser le cinéma anglais en ce moment. Depuis quelques années, une génération de réalisateurs s’accapare le film de genre avec un sens du renouveau assez réjouissant. Dog Soldiers, Creep, Shaun of the Dead (un chef d’œuvre), The Descent, Severance, autant d’exemples de films carrés et décomplexés.

 

Déjà auteur d’un film d’horreur convaincant, La tranchée, Michael J.Bassett appartient à cette bande de fans inspirés. Avec Wilderness, il rend hommage au survival de fort belle manière.

 

Parce qu’ils ont poussé un des leurs au suicide, une bande de délinquants emprisonnés sont emmenés sur une île pour les punir. Isolés sur une ancienne île de l’armée, ces crapules vont découvrir qu’ils ne sont pas seuls sur l’île. Cruels et sociopathes, les petites frappes vont paraître bien désoeuvrées face à un danger d’une sauvagerie inouïe.

 

Des chiens vont donc réduire en pâté des mômes désocialisées. C’est la grande attraction de ce film qui n’oublie pas de réfléchir sur l’état de nature et sur l’origine de la violence. Le réalisateur invite le spectateur à un jeu de massacre qui respecte les règles du survival établies par des œuvres comme Délivrance ou Massacre à la tronçonneuse.

 

Des petits lascars vont donc courir dans une nature sauvage, pour éviter de se faire déguster des chiens aux crocs affûtés et dirigés par un mystérieux maître. Beaucoup vont y perdre la vie, souvent de manière sanglante. Certains vont s’en sortir mais à condition de réfuter toute idée de civilisation et de moral.

 

Le film est donc une plaisante variante du genre. Ce n’est pas une promenade bucolique. La bonne idée du film est d’opposer une violence urbaine et adolescente à une violence fantasmée, militaire et effrayante. Cette série B est loin d’être idiote. Le spectateur affronte des nuances de barbarie, qui ne ménagent pas le spectateur. Du constat social au pur film d’horreur, le film ne manque pas de saveur.

 

Ce film ne cherche pas la tiédeur et se révèle plutôt mordant. Espérons que les initiatives similaires en France vont se multiplier parce que Taxi et compagnie, c’est vraiment trop fade. Ce qui est sûr en Angleterre, c’est que leurs séries B ont du chien.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 13/03/2007