Avec Larry David, Evan Rachel Wood, Patricia Clarkson et Ed Begley Jr - Wild Bunch - 1er Juillet 2009 - 1h32
Et ta critique ?
Les vacances en Europe sont finies. Le plus célèbre New-yorkais retrouve Big Apple et son amertume légendaire. On se sent à la maison. Et ca fait un bien fou !
Les premières scènes du nouveau film de Woody Allen font un drôle d’effet. Ce sont des retrouvailles. Le cinéaste était parti trois films en Angleterre puis il est allé s’encanailler du coté de Barcelone.
Il a tenté des choses différentes et Whatever works nous ramène soudainement à l’univers typique de Woody Allen. L’image est quasiment sépia. Les vieux immeubles de New York retrouvent leur romantisme urbain. La musique est joliment rétro. Au milieu de tout cela, il y a un râleur.
Normalement, c’est Woody mais cette fois ci le cinéaste reste derrière la caméra et demande à Larry David de jouer l’insatisfait inquiet. Le créateur de la série Curb your enthousiasm imite parfaitement Woody.
Il bégaye comme lui. Il hésite dans ses gestes de la même manière. Le mimétisme est incroyable. Larry David impressionne et se permet même de transcender son modèle.
Son personnage est le pire héros de la filmographie du cinéaste. Génie en physique quantique, Boris Yellnikoff n’aime rien ni personne. Hypocondriaque et aigri, il crache sa bille entouré de quelques amis amusés par son cynisme à toute épreuve.
Ce vieux monsieur tombe sur Melody, une jeune femme qui s’est enfuie de son Mississippi natal pour tenter une nouvelle vie à New York. Enervé par cette ravissante idiote, Boris finit par se laisser charmer…
La vie du génie sera perturbée par Melody et son envahissante famille. On retrouve le New York qu’on aime : celui des petits appartements sombres, des restaurants discrets et des promenades bavardes.
La verve de Woody Allen explose dans ce cadre si connu. Les dialogues sont hilarants. Le rythme est ébouriffant et pourtant le film se limite souvent à l’appartement charmant de Boris.
Derrière les répliques, se cache une amusante réflexion sur la vie, l’amour et les jeux du hasard. A 73 ans, Woody Allen n’est pas un has been mais un philosophe désabusé qui joue avec sa propre vie. Whatever works ne sent pas la redite malgré des thèmes similaires à ses grands classiques.
En faisant discuter le héros avec le public, Woody Allen donne un petit coté testamentaire au film. Il semble être revenu de tout, même de son art. Mais il aime encore faire rire son audience.
Après plus de 40 films, le réalisateur continue de nous amuser et de balancer quelques vérités difficiles, l’air de rien, avec une légèreté charmante. New York est un paradis savoureux à travers le regard du fameux binoclard ! Balancez votre T-shirt I love NY et fabriquez en un avec I love Woody.