Un bon groupe londonien met trente minutes pour électriser douze chansons: combien de temps vous faudra-t-il pour craquer pour cette nouvelle sensation britannique ?
Qu'est ce que vous attendez des Vaccines ?
Leur histoire est assez banale. Le frère d'un membre des Horrors veut lui aussi jouer du rock. Il rencontre un chanteur de folk qui veut bien se lancer dans une nouvelle aventure musicale. Il abandonne son sobriquet de Jay Jay Pistolet pour son vrai nom, Justin Young. Les deux ont un goût sur et large à propose de la musique. Ils connaissent Joy Division comme les Libertines et peuvent aussi réciter quelques hymnes punk qui seront l'inspiration du fracassant Wreckin'bar (ra ra ra), super chanson de une minute et vingt cinq secondes.
Minimaliste, la musique de The Vaccines échappe aux canons de la mode. Comme tout bon groupe londonien, il y a des tics indélébiles mais ils ne font pas semblants de les découvrir. Leur pop est travaillé avec passion et pas mal de simplicité. Tout le charme réside dans cette humilité.
Très british, leur musique peut s'entendre aussi bien dans un pub que dans un stade. En trente six minutes, on traverse tout le Royaume Uni, en large et en travers, de la haute société à l'attitude lads, de la fine ritournelle jusqu'au glaviot électrique.
Tout récemment The Horrors se sont ouverts les oeillères de leur cold wave: The Vaccines, groupe frangin, veut faire sautiller tout le pays. Il y en a pour tous les goûts et on y retrouve tous les plaisirs qu'offrent la pop britannique.
Des Smiths aux Pogues, The Vaccines se promènent librement dans la pop locale. On retrouve un riff très Teenage fanclub comme un chant à la Morrissey. Les référence sont flatteuses mais inspirent aussi de belles chansons comme Post Break up sex ou Somebody else's child ou des trucs justes jouissifs comme Norgaard ou Wolf Pack.
Ce qu'il faut espérer de ce groupe c'est qu'il conserve cette fâcheuse bonne habitude de recycler sans cesse les mythes de la britpop et d'en sortir des choses nouvelles et toujours passionnantes.
Ce disque est plus british qu'un mariage princier ou un Manchester United Vs Arsenal !