Le quatuor de Leicester sort un troisième album qui rappelle les glorieuses années de Stone Roses. Retour vers le futur.
Kasabian est une machine à voyager dans le temps. Un temps béni et mythifié. Un temps où les lads s’éclataient sur des guitares hurlantes et des mélodies dansantes.
A cette époque, on se demandait à quoi servait réellement Bez, le danseur allumé des Happy Mondays. On rêvait d’un second album réussi pour les teigneux des Stone Roses. Primal Scream s’abandonnait doucement aux sons acides et électro.
Le genre Madchester mélangeait rock, house et drogues. Tout cela a mal fini. Beaucoup se sont brûlé les ailes pour arriver au sommets des charts britanniques.
Sur leurs cendres, Oasis a bâti son mur de son. Puis en 2004, Kasabian est apparu avec un rock psyché qui rappelle ce glorieux passé. C’est ce qui fait toute la singularité de ce petit groupe au look patibulaire.
Pour appliquer un peu plus d’electronica dans le rock éthéré, les musiciens ont fait appel à un spécialiste de l’expérimentation, Dan The Automator. Complice de Gorillaz et Mike Patton, ce dernier s’empare parfaitement de l’univers du groupe.
Comme sur la pochette, le résultat n’est pas des plus fins mais il a le mérite d’être baroque. Ca sent la bière et la sueur. Derrière on devine tout de même du talent.
De tous les excès découlent de bonnes chansons et des mélodies mastiquées par une production culottée, un peu trop généreuse. Quand ils se remettent d’une orgie sonore, Kasabian parvient quelques titres touchants comme Thick as thieves ou Ladies & gentlemen.
Cet album est orgiaque, parfois esquintant. Mais il nous fait voyager dans une pop britannique joliment cabossée, plutôt mal polie et prête à toutes les expériences.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 10/07/2009